Syrie: l'OMS alarmée par l'utilisation de produits chimiques hautement toxiques comme armes

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Des enfants se rendent à l'école au milieu de ruines dans la ville de Maarat al-Numaan, dans le gouvernorat d'Idlib. Photo UNICEF/Giovanni Diffidenti

Dans un communiqué rendu public ce mercredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est alarmé par l'utilisation de produits chimiques hautement toxiques dans le conflit syrien. Cette réaction de l'Agence onusienne basée à Genève intervient après l'attaque survenue hier mardi à Khan Sheikhun, petite ville contrôlée par des rebelles et des djihadistes. L'OMS note d'ailleurs que les symptômes relevés sur les patients sont similaires à ceux constatés sur des victimes d'une attaque chimique.

Pour le moment l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne confirme pas l'usage d'armes chimiques et laisse cette enquête aux organisations compétentes. Mais l'Agence onusienne se base sur des informations préliminaires sur cette attaque qui a tué mardi au moins 72 civils dans la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie). Une attaque qui semble avoir impliqué des armes chimiques notant que des dizaines de victimes ont été admises dans les hôpitaux « souffrant de difficultés respiratoires et suffocation ».

A ce stade, l'OMS évoque donc « la probabilité d'une exposition à une attaque chimique ». Une probabilité amplifiée « par le manque apparent de blessures externes rapporté dans des cas montrant l'apparition rapide de symptômes semblables comprenant une détresse respiratoire aigüe comme principale cause de la mort ». « Certains cas semblent présenter des signes compatibles avec une exposition à des produits organophosphorés, une catégorie de produits chimiques incluant des agents neurotoxiques », a ajouté l'OMS.

Par ailleurs, le Directeur exécutif du Programme d'urgences de santé de l'OMS rappelle que « ce type d'armes est interdit par la loi internationale car elles représentent une barbarie intolérable ». « Les images et les rapports venant aujourd'hui d'Idleb me laissent bouleversé, attristé et indigné », a déclaré le Dr Peter Salama cité par le communiqué.

Une situation d'autant plus préoccupante que dans cette région touchée, de nombreuses installations sont endommagées par les combats. Dans ces conditions, l'OMS avertit également de la capacité limitée des hôpitaux voisins de la zone touchée. Ainsi, selon l'OMS, l'hôpital Ma'ara est hors service depuis dimanche et celui d'Al Rahma a dû fermer temporairement après avoir été touché peu après avoir commencé à traiter des victimes de l'attaque chimique présumée.

Maintenant dès l'annonce de l'attaque, l'OMS explique avoir commencé à envoyer des médicaments, en particulier de l'Atropine (antidote aux gaz neurotoxiques), depuis un entrepôt à Idleb ou depuis la Turquie. « L'OMS envoie des médicaments supplémentaires depuis la Turquie et est prêt à fournir du matériel supplémentaire pour sauver des vies et des ambulances selon les besoins », assure le communiqué ajoutant que les experts de l'agence de l'ONU fournissaient des conseils pour le diagnostic et le traitement des victimes.

(Extrait sonore : Tarik Jašarevic, porte-parole de l'OMS à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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