Syrie : les pourparlers de Genève restent d’actualité, selon l’envoyé de l’ONU

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Intervenant devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré mercredi que les pourparlers de paix à Genève restaient d’actualité et a dit espérer qu’ils débouchent un jour sur des négociations réelles.

M. de Mistura a souligné la nécessité d’un consensus entre les parties en vue d’appuyer le processus politique de transition en Syrie. Il a indiqué que le cinquième cycle de négociations à Genève, qui a eu lieu du 23 au 31 mars, avait été marqué par des progrès « objectifs », même s’il n’y a pas eu de « percée ».

Les discussions, qui ont abordé le fond du dossier syrien, se sont déroulées dans un climat satisfaisant, a-t-il noté. Il a ajouté que tous les acteurs avaient convenu de participer au sixième cycle et précisé que les quatre questions – gouvernance, questions constitutionnelles, élections, lutte antiterroriste et sécurité – avaient été abordées en vue de préserver l’indépendance et l’intégrité de la Syrie.

M. de Mistura a jugé nécessaire que la base de la transition en Syrie soit constitutionnellement solide, notant qu’il y a eu à Genève un approfondissement des discussions à ce sujet.

Ces progrès « fragiles » ont néanmoins été supplantés par l’intensification des combats et un accès humanitaire toujours entravé, a-t-il regretté. Il a lancé un appel aux garants du processus d’Astana pour qu’ils rétablissent la crédibilité du cessez-le-feu.

Les déclarations politiques faites après les pourparlers de Genève sont préoccupantes, a affirmé l’Envoyé spécial, en mentionnant l’intention du gouvernement syrien de reconquérir tout le territoire syrien plutôt que de se concentrer sur le cessez-le-feu et un processus négocié. Certaines voix de l’opposition ont également mis l’accent sur des reconquêtes militaires et mis en doute les pourparlers de Genève, a alerté M. de Mistura.

L’Envoyé spécial a dénoncé les « horreurs » causées par l’utilisation d’armes chimiques à Idlib la semaine dernière et il a mentionné les 59 missiles Tomahawk lancés par les Etats-Unis contre une base militaire syrienne en représailles. Il a appelé à la retenue et souligné l’importance d’une stratégie et d’une certaine « imagination » pour trouver une solution politique en Syrie.

Ceux qui ne veulent pas d’une solution négociée, les fauteurs de troubles comme nous les appelons, veulent que nous tombions dans leur piège, a-t-il mis en garde. Il a espéré le dépassement de la phase préparatoire pour aller au cœur des négociations en vue d’une transition négociée. « Je reste à mon poste et prêt à convoquer de nouveaux pourparlers en mai », a-t-il dit

M. de Mistura s’est félicité, « à un moment aussi critique », des contacts diplomatiques de haut-niveau entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie, dont la visite du Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson à Moscou. Ces deux pays ont de profonds différends mais aussi des responsabilités et des intérêts communs, a-t-il déclaré.

 

(Extrait sonore : Staffan de Mistura, Envoyé s pécial des Nations Unies pour la Syrie)

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13/12/2017
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