Syrie : les activités agricoles devraient être rapidement relancées malgré les destructions massives, estime la FAO

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Les agriculteurs syriens du gouvernorat de Tartous (ouest du pays) relancent la récolte de tomates avec le soutien du PAM et de la FAO. Photo: FAO

A quelques jours d’une conférence internationale sur l’avenir de la Syrie qui se tiendra à Bruxelles, un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) publié lundi souligne que le secteur de la production agricole peut et doit être relancé dès maintenant afin de réduire le besoin en aide humanitaire et les migrations malgré les dégâts et les pertes liées au conflits.

Intitulée ‘Bilan des pertes: La situation de l’agriculture syrienne après six années de crise’, l’étude est la première évaluation nationale de l’impact de la guerre sur le secteur agricole. Elle a été menée en août et en septembre 2016 auprès de 3500 ménages et plus de 380 groupes communautaires à travers la Syrie.

Selon la FAO, le conflit en Syrie a provoqué plus de 16 milliards de dollars de pertes au niveau des récoltes et de la production agricole et a également détruit les biens agricoles.

«L’étude montre qu’en plein conflit le secteur agricole permet de sauver des millions de vies syriennes, dont celles des déplacés internes qui vivent toujours dans les zones rurales», a déclaré dans un communiqué le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva. «Augmenter les investissements pour relancer le secteur agricole pourrait considérablement réduire le besoin en aide humanitaire. Cela pourrait également avoir un impact significatif en régulant le flux d’immigrés», a-t-il ajouté.

Aider les agriculteurs contribuera à la réduction du flux migratoire

Près de 95% des communautés interrogées ont indiqué que si elles recevaient une aide agricole basique comme des semences, de l’engrais et du carburant pour faire fonctionner les pompes à irrigation, cela contribuerait à réduire le nombre de personnes qui choisissent de quitter la campagne pour trouver d’autres opportunités ailleurs et encouragerait le retour des migrants et des déplacés internes. En 2016, la population rurale en Syrie a chuté de plus de moitié par rapport à 2011.

Le rapport souligne également que plus de 75% des ménages en milieu rural continuent de cultiver leur propre nourriture, même à très petite échelle. Près de 60% des ménages interrogés ont indiqué que le manque d’engrais était l’un des facteurs les plus contraignants lorsqu’il s’agit d’assurer la pérennité de leurs cultures telles que le blé, l’orge, les légumes ou encore les légumineuses.

La part de revenus dépensés dans la nourriture a augmenté, alors que les revenus et la production alimentaire des ménages a diminué et que les prix des produits alimentaires ont connu un bond spectaculaire. Avant la crise, près de 25% des ménages dépensaient plus que leurs revenus annuels dans la nourriture. Au cours de l’étude, en septembre 2016, 90% des ménages ont indiqué dépenser plus de la moitié de leurs revenus annuels dans la nourriture.

Relancer la production alimentaire

Le coût initial d’une reconstruction du secteur agricole sur une période de trois ans est estimé entre 10,7 et 17,1 milliards de dollars au total, en fonction de l’évolution du conflit, si rien ne se passe, en cas de rétablissement partiel ou total de la paix. Le rapport propose un plan d’intervention pour chacun de ces scénarios et inclut des suggestions visant à répondre à des problèmes sous-jacents, tels que l’utilisation durable de l’eau pour l’irrigation.

Les ménages ruraux sont très clairs sur ce dont ils ont besoin pour relancer la production agricole. Il est essentiel de leur apporter des fournitures de base telles que de l’engrais, des semences et des médicaments vétérinaires pour leur bétail. Après avoir satisfait ces besoins, l’accent devra être mis sur l’aide au crédit, à la transformation, à la commercialisation et sur les meilleurs moyens de réparer des biens décisifs tels que les infrastructures d’irrigation.

Le rapport indique que si les zones agricoles productives continuent d’être négligées, de plus en plus de personnes seront forcées de quitter les zones rurales et la Syrie risquerait d’émerger du conflit avec une production alimentaire commerciale et une structure agricole au bord de l’effondrement.

Depuis 2011, la FAO a soutenu les moyens d’existence et la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 2,4 millions de syriens dans les zones rurales et périurbaines d’Alep, d’Al-Hassakeh, de Dara’a, de Deir-ez-Zor, d’Hama, d’Homs, d’Idleb, de Damas campagne, de Swida et de Quinetra.

(Extrait sonore : Explications de Neil Marshland fonctionnaire principal à la FAO à Rome)

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20/10/2017
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