Syrie : le Conseil de sécurité débat d'un projet de résolution sur les allégations d'attaque à l'arme chimique

Écouter /

François Delattre, Représentant permanent de la France aurprès des Nations Unies (Crédit: ONU/Photo/Rick Bajornas)

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin, d'urgence, la situation en Syrie après les allégations d'attaque à l'arme chimique commises mardi à Khan Shaykhun.

A l'initiative de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni, les quinze ont été saisis d'un nouveau projet de résolution condamnant les attaques et demandant la réalisation d'une investigation pour faire la lumière sur les différentes allégations reprises notamment par la presse. Selon certaines d'entre elles, l'attaque aurait été menée par l'aviation syrienne et aurait fait au moins 72 morts parmi les civils. Selon d'autres allégations, l'armée syrienne aurait bombardé un entrepôt terroriste.

Lors de son intervention, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, François Delattre a estimé que toute la lumière doit être faite au plus vite sur les détails de ce massacre ignoble. L’Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s’est immédiatement saisie de ces allégations, et la France s’en réjouit, a-t-il fait valoir, ajoutant que son pays apporte son plein soutien à la mission d’établissement des faits de I’OIAC et au mécanisme conjoint de I’ONU et de I’OIAC pour qu’ils puissent enquêter au plus vite. Selon lui, «l’ensemble des allégations d’utilisation d’armes chimiques doit faire l'objet d’une enquête et d’un suivi appropriés.» Une intervention appuyée et reprises par nombre de membres du Conseil.

 

De son côté, le Représentant de la Fédération de Russie a fustigé l'initiative prise par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, jugeant inacceptable le projet de résolution tel que présenté en l'état.

 

A signaler que le Conseil de sécurité, qui a entendu les interventions de tous ses membres, ainsi que celle de la Syrie, ne s'est pas prononcé ce matin sur le projet de résolution.

Le 28 février dernier, un projet de résolution qui prévoyait d’imposer des sanctions contre des responsables syriens accusés d’avoir commandité, organisé ou perpétré des attaques à l’arme chimique avait été rejeté par le Conseil de sécurité de l’ONU en raison du veto de la Russie et de la Chine.

Le texte, qui était présenté par le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis, avait reçu neuf votes pour et trois votes contre (Chine, Russie et Bolivie). Le Kazakhstan, l’Ethiopie et l’Egypte s'étaient abstenus.

C’était la septième fois, depuis 2011, que la Russie exerçait son droit de veto contre un texte relatif à la situation en Syrie, et la cinquième fois pour la Chine.

Le projet de résolution s’appuyait sur les rapports récents du Mécanisme d’enquête conjoint de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l’ONU, qui concluaient à la responsabilité de militaires syriens dans les attaques à l’arme chimique perpétrées dans les localités de Tell Méniss, Sarmin et Qaminas, entre avril 2014 et mars 2015.

(Extrait sonore : François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...