Syrie : la Commission d’enquête veut être consultée pour éviter les évacuations forcées des populations

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Le président de la Commission de l’ONU d’enquête sur la Syrie, Paulo Sergio Pinheiro. Photo: ONU / Rick Bajornas

La Commission d’enquête indépendante sur la Syrie a participé à une réunion à huis clos avec le Conseil de sécurité vendredi. Après la réunion à New York, le Président de la Commission s'est entretenu avec ONU Info.

Paulo Sergio Pinheiro a déclaré que la principale préoccupation à l’heure actuelle est l’élimination des zones qui ne sont pas sécurisés pour les civils. Il y a une semaine, plus de 100 personnes ont été tuées alors qu'elles quittaient dans des autobus leurs villes assiégées. L’incident a été mentionné lors de la réunion du Conseil de sécurité.

Paulo Sergio Pinheiro a précisé qu'il avait discuté avec les quinze de beaucoup de choses relatives aux soi-disant accords d’évacuation. Il a indiqué qu'il avait mentionné le fait qu’en général les gens ne sont pas consultés et que c’est un problème. Le juriste brésilien a également attiré l’attention sur le sort des populations du nord de la Syrie, où sévissent les groupes armés les plus radicalisés. Il a estimé que ce qui se passe en Syrie montre que c'est la population civile qui paie le prix le plus élevé parce que personne ne respecte rien, qu'il n'y a aucun droit, aucun respect de la population civile est respectée.

Paulo Sergio Pinheiro a expliqué que la Commission qu'il préside continue d'enquêter sur les détails de l’attaque commise probablement avec des armes chimiques, le 4 avril dernier.

Selon le président de la Commission, il n’y a toujours pas de conclusion sur le type d’agent chimique utilisé lors de l'’attaque. Il a expliqué pourquoi il est si difficile de punir les responsables des atrocités qui ont lieu en Syrie.

Paulo Sergio Pinheiro a fait valoir qu'il est problématique de poursuivre les responsables parce que la Syrie n'est pas partie à la Convention de Rome, qui a créé la Cour pénale internationale (CPI). En revanche, le Conseil de sécurité pourrait agir en ce sens pour que la Cour pénale internationale se prononce. Mais, comme les cinq membres permanents du Conseil de sécurité restent divisés, rien n'a progressé depuis sept ans. Et aujourd’hui, il n'y a aucune raison que les choses changent. «Personne n’a été poursuivi en justice, personne n’a été condamné ».

Enfin, Paulo Sergio Pinheiro a précisé que les activités de la Commission d’enquête indépendante sur la Syrie au cours des dernières années, ont permis de rassembler des preuves sur la base de sept mille interviews. Le prochain rapport de la Commission sera présenté au Conseil des droits de l’homme en juin.

(Interview : Paulo Sergio Pinheiro, Président de la Commission d’enquête indépendante sur la Syrie ; propos recueillis par Leda Letra)

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12/12/2017
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