Soudan du Sud : le HCR préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire

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Des réfugiés sud-soudanais dans un camp de Bidibidi, district de Yumbe, au Nord de l'Ouganda (photo : HCR / David Azia).

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est alarmée ce vendredi à Genève par la poursuite de la violence au Soudan du Sud. Une détérioration de la situation sécuritaire illustrée par une récente attaque dans la ville de Pajok, avec son lot de nouveaux mouvements de populations.

 

Cette attaque dans cette localité de la région d'Equatoria oriental a causé la fuite de nouveaux réfugiés en quête de sécurité. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), près de 4.000 réfugiés ont immédiatement fui le Sud-Soudan au lendemain de l'horrible attaque contre la ville de Pajok, qui compte une population estimée à 50.000 habitants. Des combats sont également signalés dans les districts de Magwi et Oboo. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés note que cette propagation de la violence est un développement inquiétant. Et depuis le 3 avril dernier, plus de 6.000 Sud-Soudanais se sont réfugiés dans le district de Lamwo au nord de l'Ouganda.

Sur le terrain, les équipes du HCR ont recueilli le témoignage de ces personnes fuyant ce récent incident et qui ont indiqué que la ville était victime d'une attaque aveugle menée par les forces armées sud-soudanaises. Les réfugiés ont souligné que certains de leurs proches ont été abattus à bout portant alors que d'autres ont été arrêtés ou abattus, y compris des enfants.

Alors que des maisons ou des propriétés ont été pillées et brûlées, les familles ont dû fuir dans différentes directions. Les personnes qui ne pouvaient pas fuir, comme les personnes âgées et handicapées ont été simplement abattues. En outre, plusieurs personnes se cachent encore dans la brousse en essayant de trouver le chemin pouvant leur mener vers l'Ouganda. Les principaux chemins hors de la ville auraient été bloqués par des groupes armés.

Face à cette situation, le personnel du HCR dans le nord de l'Ouganda vient en aide à toutes ces personnes désespérées, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées. Les réfugiés ont vraiment besoin d'une aide humanitaire immédiate, notamment de la nourriture, des abris, de l'eau et des soins médicaux.

Bien que l'approche de l'Ouganda pour venir en aide aux réfugiés soit parmi les plus progressistes de tout le continent africain, en favorisant l'autosuffisance des réfugiés et des communautés hôtes, le sous-financement chronique et sévère met désormais en péril l'aide vitale apportée aux réfugiés. Les communautés hôtes et les agences humanitaires ont du mal à nourrir, à loger et à fournir des services de base aux réfugiés qui arrivent en Ouganda. Dans ces conditions, le HCR note que l'approvisionnement en eau potable reste une priorité urgente dans ces terres arides du nord de l'Ouganda où les réfugiés sont hébergés.

L'Ouganda accueille actuellement plus de 832.000 réfugiés sud-soudanais. Parmi eux, quelque 572 000 nouveaux arrivants ont rejoint l'Ouganda en quête de sécurité et d'aide depuis le 8 juillet 2016. En 2017, plus de 192 000 réfugiés sud-soudanais ont déjà rejoint l'Ouganda. En moyenne, plus de 2000 réfugiés quittent quotidiennement pour fuir l'insécurité, la violence et la famine au Soudan du Sud. Plus de 62% des nouveaux arrivants sont des enfants. Plus de 1,7 million de personnes ont été contraintes de quitter le plus jeune pays au monde en quête de sécurité. Le HCR rappelle que ce conflit brutal combiné par un accès limité aux vivres pourrait déplacer des milliers vers les pays voisins du Soudan du Sud qui compte également 1,9 millions de déplacés sur une population de moins de12 millions d'habitants.

A ce jour, les financements destinés aux réfugiés sud-soudanais dans la région n'atteignent que 11% des 781,8 millions de dollars US nécessaires.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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20/10/2017
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