Reprise du commerce attendue en 2017 et 2018 dans un contexte d'incertitude des politiques, selon l'OMC

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Le Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevêdo, annonce les prévisions de croissance du commerce de l’OMC lors d’une conférence de presse à Genève. (Photo: OMC)

Le commerce mondial devrait augmenter de 2,4% en 2017 mais en raison de la grande incertitude au sujet de l’évolution économique et politique à court terme qui rend la prévision plus risquée, ce chiffre est placé dans une fourchette allant de 1,8% à 3,6%, a déclaré mercredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En 2018, l’OMC prévoit que la croissance du commerce sera comprise entre 2,1% et 4%.

Selon l’organisation, l’orientation imprévisible de l’économie mondiale à court terme et le manque de clarté au sujet des décisions que prendront les gouvernements en matière de politiques monétaires, budgétaires et commerciales accroissent le risque que l’activité commerciale soit freinée.

Une poussée d’inflation entraînant la hausse des taux d’intérêt, le resserrement des politiques budgétaires et l’imposition de mesures pour limiter les échanges pourrait empêcher une plus forte croissance du commerce au cours des deux prochaines années.

« La faible croissance du commerce international au cours des dernières années reflète dans une large mesure la faiblesse continue de l’économie mondiale. Le commerce peut renforcer la croissance mondiale si la circulation des marchandises et la fourniture de services transfrontières se font quasiment sans entraves. Néanmoins, si les responsables politiques tentent de remédier aux pertes d’emplois dans leur pays en imposant de sévères restrictions aux importations, le commerce ne peut pas aider à stimuler la croissance et peut même freiner la reprise », a déclaré le Directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo.

« Bien que le commerce cause des perturbations économiques dans certaines communautés, ses effets négatifs ne doivent pas être exagérés et ne doivent pas masquer ses bénéfices en termes de croissance, de développement et de création d’emplois. Il faudrait considérer le commerce comme une partie de la solution aux difficultés économiques, et non comme une partie du problème », a-t-il ajouté.

Selon l’OMC, l’innovation, l’automatisation et les nouvelles technologies sont à l’origine d’environ 80% des pertes d’emplois dans le secteur manufacturier et pourtant, personne ne conteste le fait que les avancées technologiques profitent à la plupart des gens dans la plupart des cas.

« La réponse est donc de poursuivre des politiques permettant de bénéficier des avantages du commerce tout en appliquant des solutions horizontales au problème du chômage, englobant l’éducation, la formation et les programmes sociaux pour aider rapidement les travailleurs à se remettre sur pied et à être prêts à concourir pour les emplois du futur », a dit le Directeur général.

En 2016, la faible croissance du commerce, de 1,3% seulement, a été due en partie à des facteurs cycliques liés au ralentissement général de l’activité économique, mais elle reflétait aussi des changements structurels plus profonds dans la relation entre le commerce et la production économique. Les éléments de la demande mondiale ayant la plus forte intensité commerciale ont été particulièrement faibles l’an dernier car les dépenses d’investissement ont chuté aux États-Unis et la Chine a continué à rééquilibrer son économie en la réorientant de l’investissement vers la consommation, ce qui a affaibli la demande d’importations.

(Audio : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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