Maldives : l'ONU condamne le meurtre d'un blogueur et réclame une enquête

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Vue aérienne de Malé, la capitale des Maldives. Photo: Nattu

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ont condamné le meurtre du blogueur et militant sur les réseaux sociaux Yameen Rasheed, survenu le 23 avril aux Maldives, et ont réclamé une enquête.

« Je condamne le meurtre de Yameen Rasheed », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, dans un communiqué de presse publié mercredi. « Les journalistes doivent être en mesure de faire leur travail sans craindre pour leur vie et contribuer à nourrir le débat démocratique. J’appelle les autorités des Maldives à faire en sorte que l’Etat de droit soit respecté et que les auteurs de ce meurtre soient traduits en justice ».

Yameen Rasheed tenait un blog, The Daily Panic, qui traitait de questions politiques et sociales. Il aurait reçu de nombreuses menaces de mort au cours de l’année écoulée. Il a succombé aux blessures qui lui ont été infligées lorsqu’il a été attaqué dans son appartement situé dans la capitale Malé.

Mardi, le HCDH a également dénoncé ce meurtre. « Nous sommes profondément alarmés par le meurtre de M. Rasheed et nous exhortons les autorités à veiller à ce que l’enquête sur ce meurtre soit rapide et approfondie et que les auteurs soient traduits en justice conformément aux lois et aux normes internationales en matière de droits de l’homme », a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève.

M. Rasheed était à la pointe d’une campagne pour que justice soit rendue dans l’affaire de la disparition, en 2014, du journaliste Ahmed Rilwan, qui aurait été enlevé par le crime organisé.

« Le meurtre de M. Rasheed vient dans un contexte de ce qui semble être un regain d’arrestations et de poursuites judiciaires visant l’opposition politique. Nous appelons les autorités à prendre des mesures pour remédier à la réduction de l’espace d’exercice de la liberté d’expression », a dit Mme Shamdasani.

« Nous rappelons à l’État qu’il a l’obligation de veiller à ce que les journalistes, les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme puissent exercer leurs droits à la liberté d’expression et d’opinion sans crainte pour leur sécurité. Lorsque ces personnes sont expressément menacées, le gouvernement devrait prendre des mesures urgentes pour assurer leur protection », a-t-elle ajouté.

(Mise en perspective par Jérôme Bernard)

 

Classé sous Droits de l'homme, L'info.
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20/10/2017
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