Liban : un centre soigne les blessures mentales des réfugiés syriens liées à la torture

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Karim a été victime de la torture. Il est soigné au Centre Restart pour la réhabilitation des victimes de torture et de violence à Beyrouth (Photo d’archives: HCR/A.Jungrova).

Le Conseil d'administration du Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture se réunit présentement à Genève. A cette occasion, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU organise, ce vendredi 28 avril au Palais des Nations, un événement intitulé : « L'aventure d'une victime : réparation et réadaptation en faveur des victimes de la torture dans le contexte des flux migratoires ». Parmi les experts présents à Genève figurent la Directrice du Centre Restart pour la réhabilitation des victimes de torture et de violence au Liban. Aussi bien dans la capitale libanaise que dans la grande agglomération de Tripoli, les services fournis par l'équipe de Mme Suzanne Jabbour sont devenus indispensables pour de nombreux Libanais, mais surtout pour tous ces réfugiés syriens et iraquiens victimes de torture qui y ont trouvé un refuge pouvant les aider à sortir de leurs souffrances.

 

Ce centre est l'un des rares au Moyen-Orient à fournir des soins psychologiques et mentaux spécialisés depuis 1996. Un centre d'abord opérationnel à Tripoli avant de s'étendre à Beyrouth. Doté de  psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et travailleurs sociaux, il prend actuellement en charge annuellement entre 2000 à 2500 réfugiés syriens mais aussi parfois des Iraquiens qui ont également fui les violences dans leur pays. Et 40% des patients sont « des enfants qui ont témoigné de l'horreur en Syrie, des enfants souffrant de dépression et des enfants qui encore besoin d'affection car ils sont en plein apprentissage de la vie », fait remarquer la responsable du Centre Restart pour la réhabilitation des victimes de torture et de violence au Liban.

A Beyrouth et à Tripoli, ces centres soignent les blessures mentales liées à la torture. Dans ces cliniques qui aident les réfugiés victimes de torture à reconstruire leurs vies anéanties, les besoins sont immenses. « Les réfugiés ont besoin de tout. Mais nos services à Restart sont plus orientés dans le cadre de la santé mentale », a déclaré Suzanne Jabbour dans un entretien accordé à Onu-Infos. Selon elle, ceux et celles qui frappent aux portes du Centre souffrent généralement de problèmes psychologiques et de complications post-traumatique.

« Lorsqu'une personne est arrêtée, torturée, cela reste. C'est très douloureux de savoir que vous avez été torturé par votre collègue, votre voisin, quelqu'un que vous connaissez ». Du coup, cela prendra du temps pour soigner toutes les blessures mentales liées au conflit syrien et surtout à la torture. Dans cette quête de réhabilitation, ce centre reste un refuge, le seul endroit où ces exilés se sentent en sécurité. « Pour les victimes de la torture, le traitement prendra beaucoup de temps, parfois pour la vie parce que les blessures sont très profondes ».

Dans ces conditions, la Directrice de Restart affirme que les réfugiés qui sont victimes de torture ont besoin d'une aide régulière pour gérer non seulement le passé mais aussi le présent. « Ce que les Syriens subissent et les conséquences de la guerre, ils méritent plus d'attention de la part de la communauté internationale. Il faut les aider, mais il ne faut pas oublier encore que les communautés hôtes Libanaises souffrent aussi », a souligné Suzanne Jabbour.

Il faut juste rappeler que le Fonds de Contributions Volontaires des Nations Unies pour les Victimes de la Torture promeut une approche centrée sur les victimes et établit des partenariats avec des initiatives locales et des centres de réhabilitation reconnus dans le domaine de la torture. Le Fonds dépend entièrement de contributions qui lui sont expressément affectées par les donateurs, notamment de la part des Etats, mais aussi des organisations non-gouvernementales, du secteur privé, telles que les sociétés commerciales, ainsi que des particuliers.

(Interview : Suzanne Jabbour, Directrice du Centre Restart pour la réhabilitation des victimes de torture et de violence au Liban ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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