Genève : l'ONU, la Suisse et la Suède se mobilisent pour le Yémen

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Stephen O’Brien, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l'ONU. Photo : OCHA/Violaine Martin

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé mardi un appel à une aide généreuse des donateurs pour éviter la famine au Yémen, où un enfant meurt toutes les dix minutes de faim ou de maladie. Dans son discours d'ouverture d'une conférence de levée de fonds à Genève, le Chef de l'ONU a rappelé que le Yémen traverse actuellement une tragédie aux proportions gigantesques, non sans réitérer son appel en faveur de négociations de paix pour mettre fin au conflit dans ce pays.

Pour les Nations Unies, mais aussi pour la Suède et la Suisse, cette réunion est un moment de « solidarité avec le peuple du Yémen », mais aussi un appel en faveur de l'accès humanitaire, du respect du droit international humanitaire et de la paix. Une façon de rappeler l'urgence d'intervenir « pour sauver des vies ».

 

C'est une conférence de haut niveau pour lever des fonds pour la crise humanitaire au Yémen. Et pour les Nations Unies, c'est l'une des plus importantes crises humanitaires actuelles. Dans ce pays où dix-sept millions de personnes font face à des difficultés alimentaires, les enfants constituent les principales victimes du conflit. Plus de 1.200 d'entre eux sont décédés et 500.000 souffrent de malnutrition aiguë.

Dans ces conditions, Stockholm a plaidé pour davantage d'aide humanitaire qui puisse garantir à la fois une aide d'urgence et une assistance à plus long terme. Selon Margot Wallström, Ministre des affaires étrangères de la Suède, « la communauté internationale a réagi lentement jusqu'à présent face aux besoins humanitaires immenses au Yémen, avec seulement 15% du Plan humanitaire qui a été financé. Nous devons changer aujourd'hui les choses ».

De son côté, la Suisse a déjà fait passer cette année à 14 millions de francs suisse son aide humanitaire au Yémen. Le Chef de la diplomatie suisse a d'ailleurs promis une aide financière de plus de 40 millions de francs jusqu'en 2020. Pour Berne, la nature de la crise humanitaire au Yémen est telle qu'elle requiert à la fois une aide d'urgence et une assistance à plus long terme destinée à accroître la résilience. « Nous sommes rassemblés aujourd'hui pour lever des fonds, fait remarquer Didier Burkhalter, Chef du Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse. Notre objectif est de mobiliser un soutien humanitaire au profit de la population du Yémen et de lui envoyer un message fort de solidarité pour lui signifier qu'elle n'est pas laissée pour compte. Nous devons également mettre en relief une impérieuse nécessité qui consiste à faire face aux causes profondes de la crise humanitaire au Yémen, des problèmes que l'aide humanitaire ne peut résoudre par elle-même. Avant toute chose, une cessation durable des hostilités est indispensable pour prévenir une escalade de la crise humanitaire au Yémen ».

Dans tous les cas, sur l'appel de plus 2 milliards de dollars lancé début février pour le Yémen, l'ONU n'a reçu que 300 millions soit 15%.  Les Nations Unies veulent donc un financement suffisant, mais elles invitent aussi toutes les parties au conflit à permettre l'accès humanitaire le long des lignes de combat. « Les Nations Unies et leurs partenaires humanitaires sont prêts à faire davantage à condition que d'un meilleur accès et des ressources suffisantes, a souligné Stephen O'Brien, le Chef des opérations humanitaires de l'ONU. Le nombre de partenaires humanitaires a plus que doublé depuis 2015.  Nous avons un plan et des équipes sur le terrain pour étendre nos activités ».

Pour de nombreux orateurs présents au Palais des Nations, la résolution de la crise au Yémen appelle de toute urgence à la fois une assistance humanitaire, un arrêt des hostilités et un règlement politique du conflit.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève ; avec des extraits sonores de Stephen O'Brien, Secrétaire général adjoint chargé des affaires humanitaires de l'ONU ; Didier Burkhalter, Chef du Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse ; et Margot Wallström, Ministre des affaires étrangères de la Suède).

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17/10/2017
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