Etats-Unis : le Bureau des droits de l'homme de l'ONU profondément troublé par les exécutions en Arkansas

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UN Photo/Martine Perret

Le Bureau des droits de l'homme de l'ONU a indiqué qu'il est « profondément troublé » par l'application de quatre exécutions en huit jours en Arkansas. Le Haut-Commissariat insiste d'ailleurs sur le fait que ce calendrier accéléré soit lié par l'expiration imminente d'un sédatif utilisé dans ces injections létales.

 

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'Onu s'est dit « profondément troublé par l'application de la peine de mort après un moratoire de fait de 12 ans dans l'Arkansas ». Et Kenneth Williams est le dernier prisonnier à être exécuté par cet Etat américain sur les quatre exécutions en l'espace de huit jours. Ce dernier a reçu hier jeudi soir une injection létale.

Les services du Haut-Commissaire Zeid rappellent que Ledell Lee a été le premier à être exécuté le 20 avril dernier alors que le lundi 24 avril, l'Arkansas a procédé à une double exécution de Jack Jones et Marcel Williams.

Si le Haut-Commissariat s'est félicité du fait que l'exécution de quatre autre personnes est pour le moment suspendue, il a vivement exprimé sa crainte de l'application de leur exécution. L'Agence onusienne a rappelé l'argument avancé par le gouverneur de l'Arkansas. En effet Asa Hutchinson avait justifié ce resserrement chronologique par la péremption à la fin du mois d'une substance utilisée dans les injections létales, notamment le midazolam.

« Un tel argument a conduit à l'accélération de l'ordonnancement des exécutions de ces hommes de manière arbitraire, la date d'expiration d'un médicament étant un facteur déterminant », a regretté le Haut-Commissariat qui note que ces exécutions « à la chaîne » peuvent empêcher aux prisonniers la possibilité d'exercer pleinement leurs droits de recours contre leur condamnation et / ou leur peine. Elles peuvent également amener les États à raccourcir leurs processus de clémence, ce qui affecte les droits des détenus.

Par ailleurs, le Haut-Commissariat a souligné que le midazolam est accusé d'avoir un effet anesthésiant parfois insuffisant, ce qui peut provoquer des souffrances. Au cours des trois dernières années, des exécutions ratées ont été rapportées dans plusieurs cas sur l'utilisation de ce médicament, notamment en Alabama, en Oklahoma et dans l'Ohio.

Les exécutions en Arkansas ont eu lieu au moment où on constate un déclin de l'application de la peine de mort aux États-Unis qui passe de de 52 en 2009 à 20 en 2016. Il y a eu 10 exécutions jusqu'ici cette année.

En conclusion, les services du Haut-Commissaire Zeid ont rappelé que l'ONU s'oppose fermement à la peine de mort en toutes circonstances et a une nouvelle fois demandé un moratoire sur les exécutions en vue de l'abolition de la peine capitale.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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11/12/2017
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