Contre-terrorisme : la protection des réfugiés et la sécurité vont de pair, affirme le HCR

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(Photo: ONU / CTED/ M.Sundholm)

Interdire aux terroristes un sanctuaire est essentiel pour saper leur capacité d’exploitation et devrait constituer un élément majeur de toute stratégie de lutte contre le terrorisme, a déclaré mercredi un haut responsable de l’Office des Nations Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC), Mauro Miedico, lors d’un débat public du Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité.

« La faiblesse de la gouvernance, les activités économiques illicites, le manque de développement et la corruption entraînent une instabilité et une insécurité et permettent l’existence de sanctuaires pour la criminalité organisée, y compris le terrorisme », a expliqué M. Miedico, le chef de la Branche pour la prévention du terrorisme de l’ONUDC.

« L’élimination des sanctuaires et, ce qui est plus important, la prévention de leur établissement nécessite une approche intersectorielle complète et des stratégies sur mesure avec des éléments juridiques et opérationnels solides », a-t-il souligné.

Pour le haut responsable de l’ONUDC, la résolution 1373 a été une étape importante dans la création d’une base juridique pour lutter contre le terrorisme, y compris « le refus de refuges à ceux qui financent, planifient, soutiennent ou commettent des actes terroristes ou fournissent des refuges».

« D’autres résolutions des Nations Unies, y compris la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, font écho à la résolution 1373 » a souligné M. Miedico. « Dans la Stratégie, les États membres expriment la volonté de la communauté internationale de coopérer pleinement, y compris pour refuser des refuges aux terroristes et leurs soutiens et les traduire en justice».

Depuis plus d’une décennie, l’ONUDC fournit une assistance technique et un renforcement des capacités aux États membres pour lutter plus efficacement contre le terrorisme.

« Le terrorisme continue de représenter le principal défi de sécurité pour tous les États », a dit M. Miedico « Il est nécessaire de renforcer davantage les capacités des États membres, en particulier ceux des régions vulnérables dotés d’une gouvernance et de systèmes de justice pénale faibles, y compris pour ne garantir aucun refuge au terrorisme », a-t-il ajouté, soulignant la disponibilité de l’ONUDC pour les y aider.

 Les réfugiés sont souvent les premières victimes du terrorisme (HCR)

« Nulle part, l’insécurité n’est plus visible que dans la vie des 21,7 millions de réfugiés et plus de 36,4 millions de personnes déplacées dans le monde aujourd’hui », a pour sa part déclaré le Haut-Commissaire assistant des Nations Unies pour les réfugiés chargé de la protection, Volker Türk, lors de son intervention lors du débat public.

« Bien que nous ayons vu – et continuons de voir – de nombreuses expressions encourageantes de compassion et de solidarité en réponse aux réfugiés, nous voyons également que la politique de la division et la xénophobie augmentent, amplifiées par un discours mal informé dans les médias et d’autres forums publics », a déploré M. Türk. « Cela se joue également dans les débats actuels sur les menaces liées au terrorisme et aux flux de réfugiés ».

Pour le Haut-Commissaire assistant, la garantie de la sécurité et la protection des réfugiés doivent être comprises comme des objectifs complémentaires, soulignant que le droit international des réfugiés fournit un cadre juridique solide qui répond à la fois aux problèmes de sécurité et de protection.

M. Türk a également prévenu qu’un cadre coopératif exige des systèmes appropriés pour la réception des arrivées et leur renvoi vers des processus appropriés, précisant que le HCR travaille avec les Etats pour développer et mettre en œuvre des systèmes de gestion des frontières qui respecte les principes de la protection internationale.

Pour le responsable du HCR, les mesures visant à assurer la sécurité des pays hôtes et à protéger les réfugiés doivent être incluses non seulement au point d’entrée, mais aussi après leur arrivée. Enfin M. Türk a souligné qu’une approche axée sur les solutions à l’ampleur, à la portée et à la complexité actuelles des déplacements forcés dans le monde, y compris ses dimensions de sécurité et d’application de la loi, repose sur des arrangements de partage de responsabilité prévisibles et équitables.

« Rappelons que les réfugiés sont souvent les premières [et parfois multiples] victimes du terrorisme. Les personnes impliquées dans des activités terroristes ont parfois cherché à porter atteinte délibérément au soutien des réfugiés, notamment en punissant ceux qui fuient des zones contrôlées par des groupes terroristes », a dit le Haut-Commissaire assistant.

 

(Extrait sonore : Volker Türk, haut-commissaire adjoint chargé de protection au HCR;  Mise en perspective: Cristina Silveiro)

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17/10/2017
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