Centrafrique : les déplacés de Kaga Bandoro confirment au Coordonnateur humanitaire leur volonté de retour dans les quartiers

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La Coordonnatrice humanitaire en République centrafricaine, Najat Rochdi, en visite à Kaga Bandoro le 15 avril 2017. Photo : OCHA

La Coordonnatrice humanitaire des Nations Unies en République centrafricaine (RCA), Najat Rochdi, a réservé sa première visite de terrain le 15 avril 2017 à Kaga Bandoro, capitale de la Nana Gribizi après l'incendie spectaculaire qui a ravagé le site des déplacés dit «MINUSCA » le 5 avril dernier. Environ 2000 personnes sur 8 890 que compte à présent le site, avaient tout perdu lors de cet incident. Dès ses premiers échanges avec les déplacés, la Coordonnatrice spéciale a indiqué que la communauté humanitaire «fera tout ce qui est en son possible pour que tous les déplacés rentrent chez eux dans la dignité et la sécurité ». Le retour, a-t-elle ajouté, «est la base de la consolidation de la paix. Contribuer au retour d'une vie normale est une priorité pour nous ».

En vue d'une approche commune et pour la recherche de solutions intégrées, cette visite a enregistré la participation du ministre des Affaires sociales et de la réconciliation, Virginie Baïkoua, ainsi que des Représentants du Programme alimentaire mondial (PAM), Félix Gomez, de l'Organisation internationale pour les migrations, Alejandro Castro et du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), Pierre Atchom. Les chefs de la section des Affaires civiles et du programme «Jeunes à risque » de la MINUSCA y ont également pris part. Ce fut l'occasion pour Virginie Baïkoua d'appeler les habitants de Kaga Bandoro «à ne pas céder à la manipulation afin de consolider les efforts de réconciliation et cohésion».

Le site «MINUSCA » comptait près de 20 000 personnes au plus fort de la crise qui a secoué Kaga Bandoro en octobre 2016. Guidée par l'impératif de la sécurité, la population de plusieurs quartiers s'était réfugiée aux abords de la base de la Force internationale.

L'insécurité est le principal facteur qui empêche leur retour. En effet, les barrières illégales érigées par les groupes armés ainsi que les menaces et exactions exercées sur la population constituent des freins à la reprise d'une vie normale dans les quartiers originels de Kaga Bandoro. L'occupation des maisons par des groupes armés, la crainte d'attaques ciblées, les affrontements fréquents entre hommes armés ainsi que la hausse de la criminalité engendrée par les activités déstabilisatrices des groupes constituent autant de facteurs qui n'encouragent pas le retour volontaire.

Afin de faciliter le retour, grâce à un financement du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), 350 maisons seront réhabilitées et 300 reconstruites dans le quartier «Mission catholique 1 » pour ne citer que cet exemple. L'effort de réhabilitation des quartiers de retour s'applique également la remise en état des services sociaux de base et des structures administratives. Dans l'attente d'une solution plus durable, le site de Lazaret offre aussi une alternative de choix aux familles déplacées. Sur un site sécurisé, les déplacés qui ont choisi cette solution bénéficient de services sociaux divers. A titre d'exemple, un ETAPE (Espace temporaire d’apprentissage et de protection de l’enfance) ainsi qu'un espace «Amis des enfants » permettent aux enfants d'échapper à la rupture scolaire et de profiter d'activités pédagogiques ludiques.

(Interview : Yaye Nabo Séne, Chef de Section information publique du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en République centrafricaine; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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23/10/2017
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