Cambodge : l'ONU exhorte les autorités à libérer cinq défenseurs des droits de l'homme

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Scène de rue à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Photo Banque mondiale

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a appelé vendredi les autorités cambodgiennes à libérer « sans délai » les cinq défenseurs des droits de l’homme placés en détention provisoire depuis un an et dont la détention a été prolongée jeudi de six mois supplémentaires par un juge d’instruction.

« Nous regrettons, qu’en dépit de l’avis du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire en novembre dernier qui a jugé arbitraire la détention de ces cinq personnes, que leur détention ait été prolongée », a déclaré une porte-parole du HCDH, Elizabeth Throssell, lors d’un point de presse à Genève.

Les cinq défenseurs des droits de l’homme comprennent quatre membres de l’Association pour les droits de l’homme et le développement au Cambodge (ADHOC) – Lim Mony, Ny Vanda, Ny Sokha et Yi Soksan – ainsi que le Secrétaire général adjoint du Comité national des élections et ancien membre de l’ADHOC, Ny Chakrya. Les cinq individus sont accusés d’avoir prêté assistance à une femme qui aurait déclaré avoir été forcée par l’unité anti-corruption de faire un faux témoignage.

Le Groupe de travail des Nations Unies a conclu en novembre que « les cinq personnes étaient détenues suite à l’exercice de leurs droits et libertés », et a appelé à leur libération. Un certain nombre d’experts indépendants de l’ONU ont également demandé leur libération, exprimant leur consternation concernant l’utilisation de procédures pénales « comme prétexte pour supprimer et empêcher l’exercice légitime du droit à la liberté d’expression et pour faire taire les défenseurs des droits de l’homme ».

« Bien que nous reconnaissions l’obligation du juge d’instruction d’enquêter complètement sur l’affaire, l’utilisation de la détention préventive devrait être l’exception, plutôt que la règle, et être autorisée pour le plus court délai sur la base de preuves claires et d’un raisonnement juridique valable », a rappelé Mme Throssell. « Nous regrettons que ces garanties ne semblent pas avoir été suivies lors des audiences relatives à la libération sous caution ».

(Mise en perspective par Pascal Sim)

Classé sous Droits de l'homme, L'info.
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14/12/2017
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