Afrique et Yémen: l'ONU met en garde contre une mortalité massive due à la famine

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Des déplacés internes à Rumbek, au Soudan du Sud (Photo : UNHCR / Rocco Nuri).

Les Nations Unies ont alerté, ce mardi à Genève, contre le risque d'un nombre de morts « massif », en raison de la famine qui sévit dans la Corne de l'Afrique, au Nigeria et au Yémen. Le risque d'importantes famines dans quatre pays – le nord-est du Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen – augmente rapidement en raison de la sécheresse et des conflits en cours, a estimé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

 

C'est une mise en garde contre le risque d'une mortalité « massive » au Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud, mais aussi au Yémen. Une situation qui est, selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le résultat d'une multitude de facteurs comme la sécheresse, le manque de fonds et des conflits qui provoquent des déplacements massifs de population. C'est la raison pour laquelle, le HCR a ainsi relevé son « niveau d'alerte face aux risques de famines qui pourraient faire de nombreux morts parmi ces populations vulnérables ».

Lors d'un point de presse ce mardi à Genève, le porte-parole du HCR n'a pas exclu que cette crise soit pire que celle de 2011, lors de laquelle 260.000 personnes étaient mortes dans la Corne de l'Afrique. Adrian Edwards note d'ailleurs qu'il y a d'ores et déjà à une augmentation des déplacements de populations. Et il déplore que cette crise humanitaire devienne « inévitable » alors qu'elle « aurait pu être évitée ».

En adressant cette mise en garde, les organismes humanitaires onusiens entendent éviter à tout prix que l'histoire se répète. D'autant qu'au Soudan du Sud, quelque 100.000 personnes sont déjà confrontées à la famine, et environ un million d'autres sont désormais au bord de la famine. Le HCR s'attend également à ce quelque 180.000 personnes venues du Soudan du Sud arrivent cette année au Soudan, alors l'estimation initiale était de 60.000.

Il faut juste rappeler que le Soudan du Sud, mais aussi la Somalie, le Nigeria et le Yémen sont touchés par une grave sécheresse, et sont également en proie à des violences ou conflits armés. Les Nations unies réclament à la communauté internationale 4,4 milliards de dollars pour faire face à la famine qui menace ces pays. L'ONU n'a reçu pour l'instant que 21% de ces fonds, soit 984 millions de dollars, a indiqué un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha), Jens Laerke. Et le manque de fonds commence déjà à avoir un impact sur les rations de vivres distribuées à ces populations vulnérables. A Djibouti par exemple où se trouvent des réfugiés somaliens et yéménites, elles ont déjà été diminuées de 12%. Le même scénario se reproduit en Ethiopie, en Tanzanie et au Rwanda où le HCR situe la réduction de nourriture entre 20 et 50%  alors qu'en Ouganda où se réfugient les Sud-Soudanais, elle atteint parfois jusqu'à 75%.

La situation humanitaire pourrait encore empirer, d'autant que les enfants, plus fragiles, constituent la majorité des réfugiés, selon le HCR. C'est le cas dans la Corne de l'Afrique comme à l'intérieur de la Somalie où les dynamiques de déplacement interne changent aussi. Sur le demi-million de personnes déplacées depuis novembre dernier, 278.000 l'ont été au premier trimestre de 2017 dont plus de 72 000 personnes se sont installées dans la capitale Mogadiscio. Au Kenya, 175.000 enfants vivant dans les zones où sévit la sécheresse ont cessé d'aller à l'école. En Ethiopie, près de 600 écoles ont été fermées. Au total, près de cinq millions d'enfants pourraient, au cours des prochains mois, voir leurs études perturbées.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève).

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08/12/2017
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