UNICEF : plus d'un million d'enfants en danger de mort au nord-est du Nigéria, en Somalie, au Sud-Soudan et au Yémen

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Judy Jurua Michael (centre), nutritionniste d’UNICEF, pèse Alakaii, âgé de 13 mois, lors d’un dépistage de la malnutrition au Centre Gabat, un programme thérapeutique ambulatoire soutenu par l’UNICEF à Aweil, Soudan du Sud, lundi 13 mars 2017. Photo: UNICEF / Mackenzie Knowles-Coursin

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a déclaré mardi avoir besoin de près de 255 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats des enfants dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen.

Selon l’agence onusienne, plus d’un mois après que la famine a été déclarée au Soudan du Sud, le temps presse pour plus d’un million d’enfants confrontés à la sécheresse et aux affrontements armés dans ces quatre pays.

« Les enfants ne peuvent pas attendre qu’une autre famine soit déclarée avant que des mesures soient prises », a déclaré le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Manuel Fontaine, dans un communiqué de presse. « Nous avons appris, depuis l’exemple de Somalie en 2011, qu’au moment où la famine est annoncée, un nombre incalculable d’enfants sont déjà morts. Cela ne peut plus se reproduire ».

Environ 22 millions d’enfants sont affamés, malades, déplacés et non-scolarisés dans les quatre pays, a indiqué l’UNICEF. Près de 1,4 million risquent de mourir cette année à cause de malnutrition sévère.

L’UNICEF a besoin de près de 255 millions de dollars pour fournir à ces enfants des services en matière d’alimentation, d’eau, de santé, d’éducation et de protection pendant les prochains mois, selon une nouvelle mise à jour du financement.

La plupart des fonds, soit plus de 81 millions de dollars, serviront à financer des programmes de nutrition visant à dépister les enfants souffrant de malnutrition et à leur fournir des aliments thérapeutiques. 53 millions de dollars supplémentaires seront alloués aux services de santé, y compris les vaccinations, tandis que plus de 47 millions de dollars seront octroyés aux programmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène pour prévenir les maladies diarrhéiques potentiellement mortelles. Les fonds restants aideront à protéger les enfants touchés par les conflits et les déplacements et leur fourniront des services éducatifs. Une aide en espèces sera également proposée aux familles les plus vulnérables.

Les ressources nécessaires au cours des prochains mois font partie d’un appel plus large pour 2017, totalisant 712 millions de dollars, soit une augmentation de 50% par rapport aux besoins de financement dans les quatre pays à la même époque l’an dernier.

Le conflit armé est un des principaux facteurs de cette crise, a déclaré l’UNICEF, appelant à un accès inconditionnel, sans entraves et durable aux enfants dans le besoin et à la fin des violations des droits des enfants dans les pays touchés.

« Alors que la violence, la famine et la soif obligent les gens à se déplacer, les taux de malnutrition continueront d’augmenter non seulement dans ces quatre pays, mais aussi dans le bassin du lac Tchad et la Corne de l’Afrique », a indiqué M. Fontaine. « Si les agences humanitaires n’obtiennent pas l’accès et les ressources dont elles ont besoin pour atteindre les plus vulnérables, des vies seront perdues ».

(Interview : Christophe Boulierac, porte-parole de l’UNICEF à Genève. Propos recueillis par Alpha Diallo.)

 

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15/12/2017
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