UNICEF: l'absence d'eau salubre facteur accroit les risques pour les enfants du Nigéria, de Somalie, du Soudan du Sud et du Yémen

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Une jeunne fille attend son tour pour remplir son jerrican au Soudan du sud
Photo: UNICEF/UN057035/Hatcher-Moore

Le manque d'eau, des systèmes d'assainissement inexistants ou inadaptés, de mauvaises pratiques en matière d'hygiène et la présence d'épidémies créent un risque supplémentaire pour les enfants malnutris au nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen.

Dans ces quatre pays menacés par la famine, près de 27 millions de personnes utilisent une eau non potable ce qui pour des enfants souffrant de malnutrition peux créer des maladies diarrhéique fatales.

A l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, célébrée il y a tout juste une semaine, le 22 mars, l'UNICEF avait déjà rappelé dans un rapport que près de 600 millions d’enfants – soit un enfant sur quatre à l’échelle mondiale – vivront, d’ici à 2040, dans des zones où les ressources en eau seront extrêmement limitées. Ce document, intitulé Soif d’avenir: l’eau et les enfants face aux changements climatiques, examinait les menaces qui pèsent sur la vie et le bien-être des enfants du fait de l’épuisement des sources d’eau salubre, ainsi que la contribution des changements climatiques à l’intensification de ces risques dans les années à venir.

D’après le rapport, 36 pays connaissent actuellement des niveaux extrêmement élevés de stress hydrique, situation qui se produit quand la demande d’eau dépasse nettement les réserves renouvelables d’eau disponibles. La hausse des températures, la montée du niveau de la mer, la multiplication des inondations et des sécheresses et la fonte des glaces nuisent à la qualité et à la quantité d’eau disponible, ainsi qu’aux systèmes d’assainissement.

L’accroissement de la population, l’augmentation de la consommation d’eau et la hausse de la demande due en grande partie à l’industrialisation et à l’urbanisation épuisent peu à peu les ressources en eau de la planète. Dans de nombreuses régions, des conflits menacent également l’accès à l’eau salubre des enfants.

Tous ces facteurs obligent les enfants à utiliser de l’eau insalubre, ce qui les expose à des maladies potentiellement mortelles, comme le choléra et la diarrhée. Dans les zones en proie à la sécheresse, de nombreux enfants consacrent plusieurs heures par jour à la collecte de l’eau, ce qui les prive de la possibilité d’aller à l’école. Les filles en particulier courent alors le risque d’être agressées.

D’après le rapport, les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables seront les plus durement touchés par l’aggravation du stress hydrique, alors que des millions d’entre eux vivent déjà dans des zones où ils n’ont qu’un accès restreint à l’eau salubre et à l’assainissement.

Le rapport signale également que jusqu’à 663 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à des sources d’eau adéquates et 946 millions pratiquent la défécation à l’air libre ; plus de 800 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour de diarrhées liées à des problèmes d’eau, d’hygiène ou d’assainissement ; et à l’échelle mondiale, les femmes et les filles consacrent 200 millions d’heures chaque jour à la collecte d’eau.

D’après l’UNICEF, il est possible d’éviter que les changements climatiques se répercutent sur les sources d’eau. Le rapport se conclut par une série de recommandations susceptibles de contribuer à atténuer les effets des changements climatiques sur la vie des enfants. Parmi ces mesures :

• Les gouvernements doivent se préparer à l’évolution des ressources et de la demande d’eau dans les années à venir. Cela consiste surtout à privilégier, avant tous les autres besoins en eau, l’accès des enfants les plus vulnérables à l’eau salubre, afin d’optimiser les résultats sur le plan social et sanitaire.

• Les risques climatiques devraient être pris en compte dans tous les services et politiques liés à l’eau et à l’assainissement, et les investissements devraient cibler les populations les plus exposées.

• Les entreprises doivent coopérer avec les collectivités pour prévenir la contamination et l’épuisement des sources d’eau salubre.

• Les collectivités elles-mêmes devraient envisager des moyens de diversifier les sources d’eau et d’accroître leur capacité à stocker de l’eau en toute sécurité.

« Face à l’évolution du climat, nous devons modifier la façon dont nous aidons les plus vulnérables. Préserver leur accès à l’eau salubre est l’un des moyens les plus efficaces d’y parvenir », explique Anthony Lake.

(Interview: Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF; propos recueillis par Florence Westergard)

 

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17/11/2017
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