Traite des êtres humains lors des conflits : la France exhorte à mettre en œuvre les dispositions internationales

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Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes de la France, participant au débat du Conseil de sécurité sur la traite d’êtres humains dans les situations de conflit (Crédit photo : ONU/Manuel Elias)

A l'initiative du Royaume-Uni, qui préside le Conseil de sécurité en mars, les quinze ont débattu mercredi de la lutte contre la traite d'êtres humains dans les situations de conflit. Sont principalement visés le travail forcé, l'esclavage et les autres pratiques similaires. Des pratiques juteuses qui représenteraient au moins 32 milliards de dollars par an.

Premier orateur, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres a vivement condamné ces pratiques d'un autre temps qui se poursuivre de nos jours. Au nom de la France, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’enfance et des droits des femmes, a elle aussi fustigé ce fléau, en exhortant à un renforcement de la coopération internationale. Elle a également insisté sur le fait que les obligations qui découlent des différents cadres juridiques nationaux et internationaux sont effectivement mises en oeuvre.

La Ministre a par ailleurs rappelé combien les actions commises par Daesh au Moyen-Orient ou par Boko Haram en Afrique illustrent, de manière dramatique, les liens qui existent aujourd'hui entre la menace la paix et la sécurité internationales, et la traite des êtres humains.

Au niveau mondial, la traite des êtres humains est, avec le trafic de drogue et la contrefaçon, l'un des trafics les plus rentables – chiffre d’affaires annuel estimé à 32 milliards de dollars – et les plus répandus, a-t-elle fait valoir. Selon elle, en tirant profit de l'être humain et en le considérant comme une marchandise, les trafiquants violent, de façon manifeste et brutale, les droits humains et alimentent les dynamiques des conflits.

« Pour la France, la question de la traite des êtres humains et de l’esclavage, en particulier des femmes et des enfants, revêt une importance majeure », a déclaré la Ministre.

Laurence Rossignol a rappelé les chiffres et données qui illustrent bien l'étendue du fléau: 80% des victimes de la traite sont des femmes et des enfants. Les défis sont, eux aussi, connus : l'identification des victimes est embryonnaire ; le dispositif de lutte est très inégalement organisé selon les territoires ; malgré des progrès depuis l'entrée en vigueur du protocole de Palerme sur la traite des êtres humains, encore trop peu de poursuites sont engagées sur le fondement de l'infraction de la traite des êtres humains ; les victimes elles-mêmes ne font pas toujours valoir leurs droits et sont trop souvent insuffisamment protégées.

Pour la Ministre, l'adoption de la résolution 2331 en décembre dernier, à l'initiative de l'Espagne, a été un grand pas en avant pour mieux prendre en compte le lien entre traite des êtres humains, violences sexuelles et terrorisme. Elle a fait savoir que son pays attend avec impatience le rapport qui sera élaboré par le Secrétaire général d'ici la fin de l'année.

(Extrait sonore : Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes de la France)

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19/10/2017
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