Syrie : la prise d'Alep ne doit pas inciter les belligérants à privilégier la solution militaire, prévient la Commission d'enquête

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève (Photo: ONU).

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a examiné, ce mardi à Genève, le rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie. La Commission a été chargée par le Conseil d'enquêter sur les événements survenus l'été dernier à Alep. Le Président de la Commission a rappelé que si le conflit entre bientôt dans sa septième année, chacun garde aussi à l'esprit les images d'horreur qui ont entouré la bataille d'Alep-Est. Un rapport accablant à l'encontre des groupes armés de l'opposition, mais surtout du régime syrien.

 

Tous les Syriens vivent désormais dans la crainte de subir le même sort que les civils d'Alep. Devant le Conseil des droits de l'homme, le Président de la Commission d'enquête sur la Syrie a détaillé les souffrances vécues par les Alépins mais aussi ces millions de Syriens victimes de six années de guerre et de pertes innombrables. Mais l'équipe de Paulo Sergio Pinheiro prévient que la prise d'Alep ne doit pas inciter les belligérants à croire qu'une solution militaire est possible dans ce conflit sanglant. Une façon pour les enquêteurs onusiens de plaider pour une solution politique, notamment les prometteuses négociations d'Astana et la reprise des discussions intersyriennes de Genève sous l'égide de l'Envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura.

Mais la poursuite de ce processus politique doit s'accompagner par une reddition des comptes. A Genève, la Commission d'enquête a ainsi insisté sur le fait que les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité devront impérativement être jugés. A cet égard, le Mécanisme international d'enquête pénale sur la Syrie et voulu par l'Assemblée générale dans sa résolution 71/248, travaillera aux côtés de la Commission d'enquête pour récolter des preuves et constituer des dossiers.

Les précisions de Carla Del Ponte, membre de la Commission d'enquête : « La Commission salue la création de ce Mécanisme et nous sommes prêts à pleinement coopérer avec le Mécanisme. Car c'est un pas important en avant pour plus de justice, pour les victimes et pour la reddition des comptes également. Nous avons des éléments de preuve que nous pourrions partager avec le Mécanisme ».

Face à ce réquisitoire des enquêteurs de l'ONU, Damas a souligné que ses efforts pour évacuer les quartiers Est d'Alep n'ont pas été pris en compte dans ce rapport, réaffirmant sa décision d'avoir libéré les zones orientales d'Alep.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève ; avec un extrait sonore de Carla Del Ponte, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie)

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18/10/2017
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