Soudan du Sud : à Juba, le chef des Casques bleus appelle à une solution politique à la crise

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Le Secrétaire général adjoint sortant aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a tenu une conférence de presse à Juba, au Soudan du Sud, aux côtés de Jean-Pierre Lacroix, son successeur, qui prendra ses fonctions en avril. (Crédit photo: ONU MINUSS)

La situation sécuritaire au Soudan du Sud est «très inquiétante», a déclaré mardi le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, en avertissant que le nombre de personnes fuyant le pays ne montre aucun signe de ralentissement et en appelant à une solution politique aux hostilités.

“Vous ne pouvez pas espérer qu’une solution viendra par le recours aux armes, la solution doit être politique”, a déclaré Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, à Juba, en compagnie de son successeur, Jean-Pierre Lacroix, qui prendra ses fonctions en avril.

Hervé Ladsous a souligné l’importance de l’accord de paix de 2015 signé par le président Salva Kiir et les groupes d’opposition, mais a noté qu’il y a des préoccupations concernant la mise en œuvre d’un accord qui aura bientôt deux ans.

Plus tôt dans la journée, Hervé Ladsous s'était entretenu avec le président Kiir au cours de ce qu’il a décrit comme une «bonne» réunion. Parmi les sujets abordés figuraient les défis de l’action humanitaire, y compris les obstacles à l’obtention des autorisations, ainsi que les cas de travailleurs humanitaires tués ou blessés dans le cadre de leur mission.

Le patron des Casques bleus a souligné que les besoins humanitaires dans le pays sont plus grands que jamais, en précisant que deux comtés dans l’État d’Unité – ceux de Mayendit et de Leer – ont formellement été déclarés en famine.

Hervé Ladsous a averti que la situation est «artificielle» après plusieurs années de combats et «ne va pas s’améliorer» parce que c’est maintenant la saison semailles et que tous les agriculteurs sont déplacés ou cherchent refuge dans les pays voisins.

S’adressant aux journalistes, le Secrétaire général adjoint a également noté que la première avant-garde de la Force régionale de protection mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU devrait être déployée à Juba “au cours des prochaines semaines”. Les unités seront constituées de troupes bangladaises, népalaises et rwandaises, suivies par les forces éthiopiennes et les troupes d’autres pays.

Hervé Ladsous a ajouté qu’il va rencontrer au cours des prochaines heures à New York avec les États Membres qui fournissent des troupes pour discuter des déploiements.

Une fois déployée à Juba, la Force libèrera un certain nombre d’unités de la MINUSS qui pourront ainsi s'acquitter de leur mission de mieux protéger les civils», a-t-il dit.

Hervé Ladsous a toutefois noté que la principale responsabilité de la protection incombe au gouvernement du Sud-Soudan: “Nous ne pouvons pas avoir un casque bleu derrière chaque citoyen sud-soudanais. La responsabilité de protéger ses propres citoyens est celle du gouvernement. Et nous sommes ici pour soutenir, faciliter, aider le gouvernement du pays souverain du Soudan du Sud “.

(Extrait sonore : Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix; propos recueillis par Daniel Dickinson, Radio Miraya)

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17/10/2017
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