Profilage racial : pour Rakhaya Diallo « le racisme est le fruit d’une construction politique et historique »

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Vue générale de la Salle du Conseil des droits de l’homme (Photo ONU/Jean-Marc Ferré)

Le Conseil des droits de l’homme a tenu, ce matin, à Genève, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale pour la l’élimination de la discrimination raciale une réunion-débat sur le thème du profilage racial et de l’incitation à la haine.

Parmi les quatre panélistes qui ont nourri le débat, la journaliste et réalisatrice française, Rokhaya Diallo, a souligné que ceux qui luttaient contre le racisme le font souvent dans l’indifférence alors qu’ils risquent parfois leur vie. Elle a fait valoir que la première inquiétude soulevée est la négation du racisme dans certains pays et l’incapacité de voir que le racisme n’est pas le fait de quelques personnes ignorantes ou malveillantes, mais est bien le fruit d’une construction politique et historique.

De plus, a souligné Rakhaya Diallo, les personnes discriminées sont les mieux à même de donner leur expertise sur les violences qu’elles subissent. À cet égard, il faut écouter les personnes qui se disent discriminées par la police, a déclaré la panéliste. Une bonne partie du racisme vient de l’État lui-même qui tolère les violences policières, a-t-elle poursuivi. Sans statistiques ethniques, il est impossible de lutter contre le racisme, a-t-elle averti. Le fait d’être aveugle aux couleurs rend aveugle aux discriminations, a-t-elle insisté. Les bons sentiments sont inefficaces pour lutter contre le racisme, car celui-ci est le fruit d’une lente construction politique et idéologique; seule l’éducation et la déconstruction des structures raciales peuvent mettre fin au racisme, a expliqué Mme Diallo.

 

Le harcèlement policier ne doit plus être accepté; il faut que chaque personne contrôlée par la police reçoive un document (récépissé) démontrant qu’elle a déjà été contrôlée et indiquant les raisons de ce contrôle. Enfin, une attention particulière doit être portée aux femmes, car le racisme et le sexisme marchent main dans la main, a souligné Mme Diallo. Des politiques antiracistes spécifiques aux femmes et aux personnes transgenres devraient être mises en place, a-t-elle affirmé.

Auparavant, dans ses remarques liminaires à l’ouverture du débat, Peggy Hicks, Directrice de la Division des activités thématiques, des procédures spéciales et du droit au développement au Haut-Commissariat aux droits de l’homme avait expliqué que le profilage racial, qui réduit une personne à sa seule apparence physique, constitue une violation des droits de l’homme particulièrement humiliante pour ceux qui en sont victimes. « Le racisme affaiblit les sociétés car il détruit le tissu social qui les lie, a souligné Peggy Hicks.»

(Extrait sonore : Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice, France)

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20/10/2017
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