Myanmar : le Conseil des droits de l'homme de l'ONU dépêchera une mission d'urgence pour enquêter sur les violences à Rakhine

Écouter /

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a eu ce vendredi le feu vert de ses Etats membres pour lancer « une mission internationale indépendante ». Mission que l'Organe onusien entend envoyer au plus vite en Myanmar pour enquêter sur les récentes exactions qui auraient été commises par des membres de l'armée contre la minorité musulmane des Rohingyas. Même si certains pays, comme l'Inde et la Chine, ont indiqué qu'ils se « dissociaient » du texte, la résolution a été finalement adoptée par consensus sans vote.

 

Par cette résolution, proposée par l'Union européenne et présentée par l'Ambassadeur de Malte, Olaph J. Terribile, le Conseil « décide de dépêcher d'urgence une mission internationale indépendante d'établissement des faits afin d'établir les faits et les circonstances concernant les allégations de récentes violations des droits de l'homme par des membres de l'armée et des forces de sécurité au Myanmar et, en particulier, dans l'État de Rakhine » (ouest), où vivent les Rohingyas. Le Conseil entend par ce texte que les auteurs d'abus répondent de leurs actes et que justice soit rendue aux victimes. Ces allégations concernent « notamment mais pas seulement la détention arbitraire, la torture et les traitements inhumains, le viol et d'autres formes de sévices sexuels, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, les disparitions forcées, les déplacements forcés et la destruction illégale de biens ».

L'organe onusien prie donc la mission d'établissement des faits de présenter un compte rendu oral en septembre et un rapport complet lors de la 37e session du Conseil des droits de l'Homme, en février/mars 2018. A cet égard, le Conseil encourage le Gouvernement du Myanmar à coopérer pleinement avec la mission d'établissement des faits, notamment en mettant à sa disposition les résultats des enquêtes menées à l'échelle nationale et les autres informations pertinentes, et souligne qu'il faut que la mission d'établissement des faits puisse avoir un accès total, sans restriction ni surveillance, à toutes les zones et à tous les interlocuteurs.

Par la même résolution, le Conseil décide également de prolonger d'une année supplémentaire le mandat de la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme au Myanmar et demande à la Rapporteuse spéciale de présenter oralement au Conseil des droits de l'homme, en juin prochain, un rapport sur l'état d'avancement de ses travaux et de soumettre un rapport à la Troisième Commission à la soixante-douzième session de l'Assemblée générale et au Conseil à sa session de mars 2018. L'experte indépendante est d'ailleurs invitée à continuer à surveiller la situation des droits de l'homme et de mesurer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations qu'elle a formulées.

Lors des débats précédant l'adoption du texte, le Représentant permanent du Myanmar auprès de l'ONU-Genève a rappelé qu'il s'était sincèrement engagé avec l'Union européenne mais que certains éléments du texte sont difficiles à accepter. L'Ambassadeur Htin Lynn a souligné que son Gouvernement s'est engagé à régler les problèmes dans l'Etat de Rakhine et apporte une assistance aux personnes déplacées. Par conséquent, Naypyidaw a jugé inacceptable la proposition d'établissement d'une mission internationale d'établissement des faits estimant que ce type d'action n'est pas « en harmonie avec la situation sur le terrain ».

(Extrait sonore : Olaph J. Terribile, Ambassadeur, Représentant permanent de Malte auprès de l'ONU à Genève)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
17/10/2017
Loading the player ...