Libye : des migrants de plus en plus victimes de violences

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Des migrants dans un centre de détention à Zawiya, en Libye (Photo d’archives : IRIN/Mathieu Galtier).

La situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée en Libye. C'est le constat fait hier mardi à Genève par la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme. Selon Mme Kate Gilmore, l'année 2016 a été marquée par des attaques indiscriminées ont entraîné pas moins de 253 morts parmi les civils, dont 151 hommes, 34 femmes et 51 enfants.  D'autre part, la présence de groupes armés à travers le pays fait que les droits de l'homme sont systématiquement violés; ces groupes ciblent les civils, les enlèvent, les torturent ou les tuent sur la seule base de leurs liens familiaux, de leur origine, de leur affiliation politique ou pour une rançon. Parmi les plus vulnérables, les réfugiés et les migrants. En effet, la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) continue de recevoir des témoignages de violences à l'égard des migrants.

 

Au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la Haut-Commissaire adjointe a décrit un tableau préoccupant du sort des migrants en Libye. Selon Mme Kate Gilmore, le dernier rapport publié en décembre contient des témoignages de détention, de torture, de privation d'eau, de nourriture et de médicament et de violences sexuelles.

Le Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) et  de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) sur la situation des droits humains en Libye note d'ailleurs que les migrants se trouvant en Libye étaient la cible d'un grand nombre de violations et de sévices, en détention ou non. Parmi les auteurs de tels actes, on trouve des agents de l'État, des groupes armés et des particuliers. L'État n'a pas pu garantir la protection efficace des migrants sur son territoire.

La MANUL et le HCDH ont reçu des rapports faisant état de situations dans lesquelles des surveillants refusaient aux migrants l'accès aux toilettes, les obligeant à uriner et à déféquer dans les entrepôts bondés où ils étaient détenus. La MANUL et le HCDH ont recueilli des preuves des conditions inhumaines qui prévalent dans les centres de détention dirigés par le Service de la lutte contre la migration illégale. Les détenus sont souvent placés dans des entrepôts dont les conditions sanitaires sont abominables, où ils ont très peu de place pour s'allonger et où ils ont un accès extrêmement limité à la lumière, à l'aération ou à des installations sanitaires.

Lors de la présentation de son rapport, la Haut-Commissaire adjointe est par ailleurs revenue sur la situation d'un groupe de 200 femmes et enfants capturés par un groupe armé qui a prêté allégeance au soi-disant État islamique.  Ces femmes et ces enfants ont été victimes de viols et d'autres formes de violences sexuelles.  Après s'être enfuis, ils sont actuellement détenus dans la prison de Jawiya à Misrata.  Le Gouvernement libyen  doit mettre fin à la pratique de la détention de migrants, a dit Mme Gilmore, demandant aussi à l'Union européenne de s'assurer que les formations qu'elle dispense aux garde-côtes libyens intègrent les droits de l'homme: à l'heure actuelle, les migrants qu'ils interceptent sont directement envoyés dans des centres de détention, où ils sont soumis à des abus, a-t-elle affirmé.

(Extrait sonore : Mme Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme)

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20/10/2017
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