Les agences de l'ONU à Rome: intensifier les efforts en faveur de l'égalité des sexes pour éradiquer la faim et la pauvreté

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Autonomiser les femmes en milieu rural est essentiel afin de lutter contre la faim, la pauvreté et la malnutrition. Des agricultrices traversent un champ à Kaga-Bandoro, en République centrafricaine. (Crédit photo : ONU)

Les responsables des trois agences des Nations Unies basées à Rome ont célébré aujourd’hui la Journée internationale des femmes en réaffirmant leurs engagements à améliorer les capacités des femmes rurales, qui sont essentielles afin de bâtir un monde libéré de la faim.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont rappelé au monde entier que les femmes et les filles jouaient un rôle primordial dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et, surtout, par rapport à l’objectif consistant à éradiquer la faim et l’extrême pauvreté.

«Les femmes jouent un rôle essentiel dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, non seulement en tant qu’agricultrices mais aussi en tant que productrices, commerçantes et gestionnaires», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. «Les femmes sont pourtant toujours confrontées à des obstacles majeurs sur le marché du travail en milieu rural et au sein des chaînes de valeur agricoles. Elles ont plus de chances d’être moins payées et de ne pas bénéficier de protection juridique ou sociale. Cela constitue un obstacle dans l’apprentissage de nouvelles techniques, lorsqu’elles souhaitent gagner des revenus ou encore lorsqu’elles veulent accéder à des opportunités d’emploi».

M. José Graziano da Silva a fait remarquer que la sécurité alimentaire mondiale repose sur le fait de pouvoir libérer pleinement le potentiel des femmes. «Atteindre l’égalité des sexes et autonomiser les femmes sont des éléments indispensables à la lutte contre l’extrême pauvreté, la faim et la malnutrition, ce que souligne le Programme de développement durable à l’horizon 2030», a-t-il indiqué.

M. Kanayo F. Nwanze, Président du FIDA a indiqué qu’«il était temps de réaliser que nous ne viendrons pas à bout de la pauvreté et de la faim sans une autonomisation des femmes rurales».

Et d’ajouter: «Nous avons de nombreux exemples, issus du monde entier, qui prouvent qu’une meilleure autonomisation des femmes dans les zones rurales et urbaines entraîne une croissance économique plus élevée et une meilleure qualité de vie pour les femmes et les hommes. Malgré quelques progrès, encore aujourd’hui, le double fardeau du travail agricole et des travaux domestiques non rémunérés porté par les femmes les empêche de participer pleinement et de manière équitable aux activités génératrices de revenus. Améliorer l’accès des femmes rurales aux technologies qui leur font gagner du temps et de leur donner moins de travail est indispensable afin de réduire leur charge de travail. Transformer les relations entre hommes et femmes au sein de la famille est également indispensable afin d’autonomiser les femmes et de leur permettre de prendre des décisions au sujet de leurs vies».

«L’autonomisation économique des femmes est l’une des étapes clés en vue d’atteindre l’égalité des sexes et de construire un monde sans faim. L’évolution du monde du travail, en tant que modèle d’activité économique, nous offre l’opportunité d’atteindre ces objectifs», a déclaré Mme Ertharin Cousin, Directrice exécutive du PAM.

«Assurer l’accès des femmes à la terre, aux outils, aux engrais et au crédit contribue à améliorer leurs vies et celles de leurs familles, en les mettant notamment à l’abri de la faim. Nous savons que les repas scolaires motivent les parents à garder leurs enfants à l’école, ce qui va également améliorer leurs chances de finir leur cursus, puis de trouver un emploi par la suite. Permettre aux femmes de saisir ces opportunités transformera des vies et contribuera à se rapprocher des Objectifs de développement durable» a-t-elle ajouté.

Combler le fossé qui sépare les hommes des femmes

Dans les pays en développement, les femmes représentent 45 pour cent de la main d’œuvre agricole – de 20 pour cent en Amérique latine jusqu’à 60 pour cent dans certaines régions d’Afrique et d’Asie. Elles sont pourtant nettement moins bien payées que les hommes, surtout lorsqu’il s’agit de prendre soin des familles et des communautés, ce qui limite leur capacité à gagner des revenus et à développer leurs compétences.

Les normes sociales, les lois et pratiques sexistes contribuent également à limiter l’accès des femmes à des actifs essentiels tels que les ressources naturelles ou encore l’éducation. Cela concerne également les avantages sociaux tels que leur participation à des associations rurales ou encore à d’autres organisations chargées de prendre des décisions. Par conséquent, leur capacité à réaliser pleinement leur potentiel et à influencer les prises de décisions dans les sphères économiques, sociales et politiques, entre autres, est sérieusement compromise.

Améliorer l’accès des femmes aux opportunités économiques, aux ressources productives, aux emplois, aux services de santé, à la protection sociale et à l’éducation font partie des mesures indispensables afin de garantir l’autonomisation économique des femmes face à un monde du travail en évolution. Les faits prouvent que les taux de malnutrition sont en nette baisse lorsque les femmes ont accès à l’éducation et aux opportunités d’emploi.

De plus, les politiques et programmes doivent s’attaquer aux disparités entre hommes et femmes dans les domaines du leadership et de l’entreprenariat et prendre en compte les besoins spécifiques des millions de femmes en milieu rural qui font partie de l’économie informelle, et ce, en améliorant leur accès aux marchés formels, aux chaînes de valeur et aux technologies et pratiques innovantes.

(Interview: Brave Ndisale, Directrice par intérim de la Division FAO des politiques sociales et des institutions rurales, aborde les questions principales auxquelles devraient faire face les femmes rurales. (Propos recueillis par Murielle Sarr)

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20/10/2017
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