Le chef de l'humanitaire de l'ONU réclame davantage d'argent pour aider le Yémen, le Soudan du Sud et la Somalie

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Le Coordonnateur des secours d'urgence, Stephen O'Brien (2e à droite) à Ganyiel, dans l'Etat d'Unité, au Soudan du Sud, le 4 mars 2017. Photo OCHA/Gemma Connell

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Stephen O’Brien, a déclaré vendredi devant le Conseil de sécurité qu’il fallait davantage d’argent pour financer l’assistance au Yémen, au Soudan du Sud et à la Somalie, trois pays où il vient d’effectuer une visite.

S’agissant du Yémen, M. O’Brien a expliqué qu’il s’agissait de « la plus grave crise humanitaire au monde », où deux tiers de la population – 18,8 millions de personnes – ont besoin d’assistance.

Alors que se poursuivent les combats, les déplacements de civils se multiplient, tandis qu’avec la destruction des infrastructures de santé, les maladies se propagent. M. O’Brien a regretté de constater qu’en dépit de leurs assurances, toutes les parties au conflit refusent de ménager un accès humanitaire et font de l’aide un enjeu politique.

Pour 2017, la communauté humanitaire demande 2,1 milliards de dollars pour répondre aux besoins de 12 millions de personnes ayant cruellement besoin d’une assistance et d’une protection vitale. Jusqu’à présent, à peine 6% de ce montant a été réuni, a déploré M. O’Brien. Une conférence de bailleurs de fonds est prévue le 25 avril à Genève, au niveau ministériel et sous la présidence du Secrétaire général de l’ONU.

« Je réitère le même message à tous : seule une solution politique au conflit permettra de mettre fin aux souffrances et de rétablir la stabilité régionale », a assuré le Coordonnateur des secours d’urgence. Selon lui, la contribution du secteur privé est capitale : les importations commerciales au Yémen doivent reprendre, y compris par le port de Hudaydah, a-t-il dit.

Evoquant ensuite sa visite au Soudan du Sud les 4 et 5 mars, M. O’Brien a dit que la situation y est « pire que jamais », avec plus de 7,5 millions de gens dans le besoin, soit 1,4 million de plus par rapport à l’an dernier, sans compter les 3,4 millions de personnes déplacées, dont près de 200.000 ont quitté le pays depuis janvier dernier.

Il a dénoncé les hostilités incessantes, les restrictions à la liberté de mouvement et les obstacles bureaucratiques qui entravent les opérations humanitaires.

S’agissant de la situation en Somalie, M. O’Brien a indiqué que plus de la moitié de la population, soit 6,2 millions de personnes, a besoin d’assistance, dont, 2,9 millions sont menacées par la famine. En outre, près de 160.000 personnes ont été déplacées en raison de la gravité de la sècheresse.

Il a expliqué que de larges portions du territoire dans le sud et le centre de la Somalie restent sous le contrôle des Chabab. Dans ce pays aussi, les parties au conflit bloquent les voies d’approvisionnement, a regretté M. O’Brien. Pour ce pays, comme dans le nord-est du Nigéria, une augmentation des financements et un élargissement de l’accès sont nécessaires pour permettre aux partenaires d’éviter une catastrophe.

Le Secrétaire général adjoint a indiqué que, lors de la Conférence d’Oslo sur le Nigéria et le bassin du lac Tchad, 14 bailleurs de fonds ont fait des annonces de contribution d’un montant de 672 millions de dollars. Mais davantage est nécessaire pour réaliser l’objectif de 1,5 milliard de dollars.

« Voici ce que la communauté internationale et le Conseil de sécurité peuvent faire », a poursuivi M. O’Brien. Tout d’abord, contrer le plus rapidement possible les facteurs aggravants de la famine, comme par exemple en veillant à la levée des entraves à l’accès humanitaire. En outre, un soutien financier suffisant et en temps opportun est nécessaire pour prévenir le scénario catastrophe et les hostilités doivent cesser.

(Audio : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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23/10/2017
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