Iraq : plus de 300 civils tués à Mossoul depuis mi-février, selon l'ONU

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Des enfants ayant fui Mossoul, en Iraq. Photo: IRIN/Tom Westcott

Au moins 307 civils ont été tués et 273 autres blessés à Mossoul-Ouest entre le 17 février et le 22 mars, au cours de l'offensive lancée par les forces iraquiennes contre le groupe Etat islamique (EI). Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, ce bilan devrait s'alourdir car des informations – qui n'ont pas encore été vérifiées – font état d'au moins 95 civils tués entre le 23 et le 26 mars. Les Nations Unies estiment que près de 600.000 personnes se trouvent encore dans les zones qui n'ont pas été reprises par les forces iraquiennes dans la partie ouest de Mossoul, dont 400.000 dans la Vieille Ville.

 

Les services du Haut-Commissaire Zeid se basent sur des informations déjà vérifiées par les équipe de l'ONU. Et plus d'un mois de combats dans l'Ouest de Mossoul a fait plus de 307 civils tués et 273 autres blessés. Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme qui n'attribue pas ces morts à l'une ou l'autre des parties en conflit s'attend à un bilan beaucoup plus lourd. En effet, l'ONU indique avoir reçu des rapports – informations qui n'ont pas encore été vérifiés – faisant état d'au moins 95 civils tués entre le 23 et le 26 mars dernier.

En attendant, l'incident le plus meurtrier s'est produit le 17 mars, lorsqu'une frappe aérienne a touché une maison dans le quartier d'al-Jadida. Selon Rupert Colville, porte-parole du Bureau des droits de l'homme de l'ONU, les témoins ont indiqué que Daech avait auparavant forcé au moins 140 civils à entrer dans la maison, pour en faire des boucliers humains. A ce stade, , le bilan provisoire est de 61 civils tués pour ce seul drame. Mais les circonstances de cet incident tragique n'ont pas été établies avec certitude pour savoir s'il s'agit de la conséquence d'une frappe aérienne de la coalition ou de pièges explosifs installés par les djihadistes retranchés dans la vielle ville de Mossoul. « La stratégie de l'EI d'utiliser des enfants, des hommes et des femmes pour se protéger contre les attaques est lâche et honteuse », a estimé Zeid Ra'ad Al Hussein dans un communiqué rendu public ce mardi à Genève. « En vertu du droit international humanitaire, l'utilisation de boucliers humains constitue un crime de guerre », a-t-il ajouté.

Si l'ONU n'est pas en mesure de dire combien de personnes ont été tuées depuis le début de l'offensive par les frappes aériennes de la coalition et combien ont été tuées par les djihadistes de l'EI, elle appelle la coalition à faire preuve de retenue à Mossoul-Ouest, où l'EI utilise les habitants comme des boucliers humains.

Dans ce même communiqué, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a salué ces enquêtes et a demandé à la coalition de « revoir urgemment ses tactiques afin de garantir que l'impact sur les civils soit réduit au minimum absolu ».  «Je ne sous-estime pas l'énormité des défis auxquels font face les forces de sécurité iraquiennes et leurs partenaires de la coalition lorsqu'ils tentent de déloger l'EI de leurs derniers bastions à Mossoul et les immenses difficultés qu'ils rencontrent pour extraire du cauchemar les civils vivant sous contrôle de Daech », fait-il remarquer.  « Il s'agit d'un ennemi qui se sert de manière impitoyable des civils pour parvenir à ses fins et qui n'a clairement pas le moindre scrupule à leur faire courir délibérément un danger », a expliqué Zeid Ra'ad al Hussein qui conclut donc qu'il « est vital que les forces de sécurité iraquiennes et leurs partenaires de la coalition évitent ce piège ».

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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20/10/2017
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