Hongrie : l'ONU s'inquiète de la décision de Budapest de relancer la détention systématique des demandeurs d'asile

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Des policiers surveillent la frontière entre la Serbie et la Hongrie près de l'installation informelle de réfugiés située à Roszke (photo : HCR/Zsolt Balla).

En Hongrie, une nouvelle loi prévoit que les migrants seront placés dans des « zones de transit ». Ils y seront détenus dans l'attente d'une décision définitive concernant leur demande d'asile. Les Nations unies n'ont pas tardé à réagir. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) condamne une loi qui « viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes » et qui va « avoir un impact physique et psychologique terrible sur des femmes, des enfants et des hommes qui ont déjà beaucoup souffert ».

 

Selon les informations relayées par les médias, le Parlement hongrois a adopté, ce mardi matin, une nouvelle loi qui prévoit que les migrants et les réfugiés seront placés dans des zones de transit aux frontières serbe et croate, où ils seront détenus dans l'attente d'une décision définitive concernant leur demande d'asile. L'ONU a donc fermement condamné l'adoption par le Parlement hongrois d'une loi autorisant la détention systématique des migrants, qui « viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes ».

Lors d'un point de presse ce mardi à Genève, une  porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a déclaré que son agence était « profondément préoccupée » au sujet de cette nouvelle loi qui prévoit « la détention automatique de tous les demandeurs d'asile, parmi lesquels de nombreux enfants ».

Selon Cécile Pouilly, cette loi risque d'avoir « un impact physique et psychologique terrible sur des femmes, des enfants et des hommes qui ont déjà beaucoup souffert ». A cet égard, la porte-parole du HCR rappelle que « les enfants ne doivent jamais être détenus sous aucune condition ». « Selon les lois internationales et de l'UE, la détention de réfugiés et de demandeurs d'asile peut être justifiée seulement par un nombre limité de raisons et uniquement quand c'est nécessaire, raisonnable et proportionné », a-t-elle fait remarquer.  L'agence des Nations Unies pour les réfugiés rappelle que « des alternatives à la détention doivent toujours être d'abord prises en considération, au risque sinon de rendre la détention arbitraire ».

Par le passé, le HCR avait déjà exprimé ses sérieuses inquiétudes quant aux approches restrictives adoptées par Budapest. Il s'agit notamment des barrières physiques que la Hongrie a déjà érigées ainsi que des obstacles législatifs et politiques qui rendent pratiquement impossible l'entrée dans le pays de migrants et de réfugiés demandant l'asile et la protection internationale.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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