Genève : RDC, Burundi et Soudan du Sud épinglés dans ce dernier rapport du Chef des droits de l'homme de l'ONU

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Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (Photo: ONU)

Le Chef des droits de l'homme de l'ONU a présenté, ce mercredi à Genève, son rapport annuel sur l'activité de son Bureau et a livré au Conseil des droits de l'homme les dernières informations sur l'évolution des droits humains dans plusieurs pays notamment sur le continent africain. A cet égard, s'il s'est félicité du renouveau démocratique en Gambie, il s'est par contre inquiété de la situation au Burundi et en République démocratique où il a demandé l'établissement d'une commission d'enquête pour se pencher sur les violences contre les civils dans la Province du Kasaï. Zeid Ra'ad Al Hussein a enfin dénoncé la poursuite des graves abus au Soudan du Sud.

 

Sur le Soudan du Sud, le Chef des droits de l'homme a déploré les violences et destructions dans ce pays où la famine menace.  Selon Zeid Ra'ad Al Hussein, les groupes armés et l'armée gouvernementales se sont livrés à des atrocités, notamment des massacres, des viols et violences sexuelles.  Le Haut-Commissaire s'est également préoccupé par les arrestations arbitraires, et l'absence d'accès accordé à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Autre pays, autre source de préoccupation avec la République démocratique du Congo. Le Haut-Commissaire est ainsi revenu sur  « un certain nombre de graves violations des droits humains dans les provinces de Kasaï et Lomani ». S'il a félicité le gouvernement d'avoir pris rapidement des mesures pour enquêter sur ces allégations de meurtres par des soldats, il a toutefois plaidé pour des enquêtes. « Mais  étant donné les rapports récents de violations graves et la découverte de trois charniers », le Chef des droits de l'homme a exhorté le Conseil à établir une commission d'enquête afin de se pencher sur ces allégations.  Il a également indiqué que son « bureau surveillera attentivement les développements judiciaires concernant les actions des forces de sécurité qui ont entraîné la mort de plus de 100 personnes en septembre et en décembre » dernier.

Concernant le Burundi, le Chef des droits de l'homme de l'ONU s'est dit très inquieté de voir que tout espace démocratique a virtuellement disparu.  « Des abus des forces de sécurité et des miliciens Imbonerakure continuent d'être enregistrés, dont des disparitions, des cas de torture, des arrestations arbitraires de masse », fait-il remarquer non sans rappeler que Bujumbura a suspendu sa coopération avec le bureau du Haut-Commissariat.

Lors de ce tour d'horizon des abus sur le continent africain, il s'est enfin inquiété de la détérioration de la situation des droits de l'homme au Nord et au Centre du Mali, où « des groupes extrémistes continuent leur brutale oppression, conduisant des milliers de personnes à fuir la région ».

Néanmoins au rayon des bonnes nouvelles, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme s'est réjoui du soutien apporté par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à la Gambie après le résultat de l'élection présidentielle de décembre 2016, alors que tant de responsables semblent déterminés à se maintenir au pouvoir à tout prix.   A cet égard, il a souligné que le nouveau Président Adama Barrow s'est engagé à respecter les droits de l'homme dans le cadre de mesures de grande ampleur et en mettant en place une commission de la vérité et de la réconciliation.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève ; avec un extrait sonore de Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme)

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17/10/2017
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