Conseil des droits de l'homme : l'ONU plaide pour la création d'une Commission d'enquête indépendante au Yémen

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Ces deux dernières années de conflit au Yémen ont fait au moins plus de 4700 civils tués et plus de 8.200 autres blessés. Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme a décrit des conditions de vie des populations au Yémen, tout « simplement misérables, déplorables et insoutenables ». Une situation qui est la conséquence directe de l'absence de solution politique. Une escalade du conflit rend très peu probable un cessez-le-feu immédiat et la reprise de l'aide humanitaire. Dans ces conditions, Kate Gilmore a une nouvelle plaidé pour la création d'une Commission d'enquête internationale indépendante pour se pencher sur les graves abus dans le conflit au Yémen.

 

Au Conseil des droits de l'homme ce jeudi à Genève, la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme a tenu à rappeler que le Yémen souffrait d'une des pires crises humanitaires dans le monde. Devant la Salle des civilisations du Palais de qui abrite les travaux de cet organe onusien, Kate Gilmore  a indiqué que 21 millions de Yéménites ont besoin d'aide humanitaire, ce qui représente plus de 80% de la population. En outre 14 millions de personnes sont actuellement en insécurité alimentaire, et trois millions sont déplacées par les combats entre forces gouvernementales et groupes d'opposition. Elle avait d'ailleurs décrit une insécurité galopante, notamment ces attaques contre les ports, qui en plus d'affecter les populations locales qui ne peuvent pas fuir, empêchent l'acheminement de l'aide, pourtant indispensable au regard de la situation humanitaire préoccupante. Une façon pour la Cheffe adjointe des droits de l'homme de l'ONU de mettre en exergue les conditions de vie déplorables des civils au Yémen.

En outre, ces violences ont pour corollaire de graves abus et des violations du droit international humanitaire. Dans ces conditions, « certains ont considéré que la constitution d'une Commission internationale d'enquêtes pouvait miner la crédibilité de la Commission nationale d'enquête déjà existante », a fait remarquer Kate Gilmore. Pourtant l'existence de l'une n'exclut pas la création d'une autre. De surcroît, la Commission nationale d'enquête n'a pas démontré son efficacité et son indépendance. Pour la Haut-Commissaire adjointe, les violations sont d'une gravité telle que l'on ne peut tolérer l'impunité. « Il faut donc mettre en place un mécanisme international indépendant, a-t-elle affirmé. Cette approche viendrait renforcer les efforts de l'Envoyé spécial de l'ONU au Yémen », a-t-elle souligné.

Face  à cette situation, les services du Haut-Commissaire Zeid ont déployé des personnels supplémentaires au Yémen, mais seulement au compte-goutte, compte tenu de la situation sécuritaire dans le pays.

(Extrait sonore : Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme)

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16/10/2017
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