Conseil des droits de l'homme : la Guinée ou l'impératif de réconciliation et de la lutte contre l'impunité

Écouter /

La Salle des civilisations du Palais des Nations qui abrite les travaux du Conseil des droits de l’homme à Genève.

Lors du rapport sur la Guinée, le Haut-Commissariat a reconnu les efforts fournis par Conakry dans la mise en œuvre de son plan d'action sur la réconciliation nationale. Le Gouvernement guinéen a également entamé des réformes importantes de son système pénal qui tiennent compte de nombreuses préoccupations en matière de droits humains. Devant le Conseil des droits de l'homme ce mercredi à Genève, le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme Andrew Gilmour s'est notamment préoccupé des lacunes subsistant dans la réponse à de nombreuses affaires de violations des droits de l'homme illustré par le faible nombre de poursuites des auteurs présumés de crimes contre l'humanité commis le 28 septembre 2009.

 

Le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme s'est d'abord réjoui de l'extradition à la mi-mars du Sénégal d'Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba. Ce militaire guinéen a été inculpé de plusieurs chefs liés au massacre de plus de 150 opposants en 2009 à Conakry. Malgré cette arrestation, Andrew Gilmour a constaté le manque de progrès dans la lutte contre l'impunité dont bénéficient les auteurs de violations des droits humains, en particulier lorsqu'il s'agit des agents des forces de sécurité ou de défense. Une impunité qui conduit parfois à une méfiance de la population à l'égard du système judiciaire guinéen.

Conakry admet d'ailleurs que le chantier des droits humains est immense et que beaucoup reste à faire.

Les précisions de Khalifa Gassama Diaby, Ministre des droits et des libertés publiques en Guinée : « Le travail est complexe et difficile, mais croyez-vous, c'est notre responsabilité, notamment à travers des dossiers sensibles comme le 28 septembre, les affaires du Camp Boiro, mais aussi les répressions de 1985, 2006 et de 2007. Nous restons convaincus qu'avec l'accompagnement de l'Onu et de la communauté internationale, nous pouvons arriver demain à faire de la Guinée un Etat de droit qui soit respectueux des droits humains, en luttant efficacement et vigoureusement contre l'impunité ».

Dans la lutte contre l'impunité, la Guinée entend améliorer et moderniser le fonctionnement de la chaîne pénale. L'autre chantier porte sur l'indépendance d'une magistrature responsable. Et dans ses recommandations, outre le renforcement de « la lutte contre l'impunité à tous les niveaux, y compris à l'endroit des agents des forces de défense et de sécurité, notamment en s'assurant que soit tenu le procès sur les évènements du 28 septembre 2009 », le Haut-Commissariat plaide aussi pour la mise en œuvre des recommandations de la Commission provisoire de réflexion pour la réconciliation  nationale, issues des consultations nationales,  en particulier la mise en place de l'organe chargé de la conduite du processus de réconciliation nationale.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève ; avec un extrait sonore de M. Khalifa Gassama Diaby, Ministre des droits et des libertés publiques en Guinée)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...