Cameroun : plus de 2600 réfugiés expulsés au Nigeria

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Une foule est rassemblée dans un camp de déplacés internes à Maiduguri, au Nigéria, lors d'une visite en décembre 2016 du Haut Commissaire pour les réfugiés Filippo Grandi (photo: HCR / Simi Vijay).

Plus de 2.600 réfugiés nigérians, installés dans le nord du Cameroun par crainte des attaques du groupe djihadiste Boko Haram, ont été rapatriés de force depuis le début de l'année. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dénonce des rapatriements forcés qui semblent être motivés par des questions de sécurité. Selon le HCR, ces expulsions se sont poursuivies alors même que l'agence de l'ONU a signé le 2 mars avec le Cameroun et le Nigeria un accord pour le retour volontaire des réfugiés nigérians.

 

Depuis le début de l'année, plus de 2.600 réfugiés ont été renvoyés de force par le Cameroun dans des villages frontaliers au Nigeria. Selon des témoignages recueillis par les équipes du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) au Nigéria, ces réfugiés ont expliqué que les troupes camerounaises les embarquaient contre leur gré, sans leur laisser le temps de rassembler leurs affaires. Des renvois de force, qui sont selon le HCR, sont contraires au droit international. Parmi ces réfugiés se trouvaient des femmes enceintes et des enfants.

Lors de ces opérations, des familles ont été séparées. Les personnes qui ont été contraintes à rejoindre à nouveau le Nigeria se trouvent désormais surtout dans le camp de déplacés de Banki, dans l'Etat de Borno. Car la plupart des réfugiés qui sont revenus au Nigeria ne peuvent pas retourner dans leurs foyers et deviennent donc des déplacés internes.

L'agence onusienne basée à Genève se dit particulièrement préoccupée par le fait que ces rapatriements forcés, qui semblent être motivés par des questions de sécurité, se poursuivent alors même que l'agence de l'ONU a signé le 2 mars avec le Cameroun et le Nigeria un accord pour le retour volontaire des réfugiés nigérians. Un accord tripartite qui prévoit la facilitation de retours volontaires lorsque les conditions le permettront.

Or sur le terrain, « l'insécurité persiste dans des zones du nord-est du Nigeria, et l'accès aux services de base reste limité », a ainsi expliqué Babar Baloch, le porte-parole du HCR lors d'un point de presse ce mardi à Genève.

Dans ces conditions, le HCR appelle le gouvernement camerounais à respecter ses obligations dans le cadre de la Convention sur les réfugiés. Il faut souligner que des centaines de personnes avaient déjà été rapatriées de force en 2016 au Nigeria.

Il faut juste rappeler que la crise humanitaire dans la région du Bassin du lac Tchad a déplacé plus de 2,7 millions de personnes, dont 200.000 réfugiés, selon le HCR. Le Cameroun héberge environ 85.000 réfugiés nigérians.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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18/10/2017
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