Thaïlande : des experts indépendants de l'ONU critiquent le crime de lèse-majesté

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Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d'expression, David Kaye. Photo : ONU / J. M. Ferré

La loi thaïlandaise sur le crime de lèse-majesté prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent. Et des experts indépendants des Nations unies accusent donc Bangkok d'utiliser le crime de lèse-majesté comme un outil de répression politique.

 

Le crime de lèse-majesté n'a pas de place en démocratie. Dans un communiqué rendu public ce mardi à Genève, le Rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'expression invite la Thaïlande à cesser d'utiliser cette loi contre comme un outil de répression politique. David Kaye met ainsi en avant le cas d'un étudiant en détention pour avoir partagé sur internet un article sur le nouveau roi.

L'expert indépendant onusien souligne que des milliers de personnes ont partagé cette publication de la BBC datant de début décembre et écrit en thaï mais seul Jatupat Boonpatararaksa, militant pro-démocratie connu sous le nom de Pai, a été arrêté. Il s'agit du premier dossier de lèse-majesté concernant le nouveau monarque Maha Vajiralongkorn, monté sur le trône le 1er décembre.

A cet égard, le rapporteur spécial sur la liberté d'expression rappelle que « les personnalités publiques, y compris celles exerçant les plus hautes fonctions politiques, doivent pouvoir être critiquées ». Selon David Kaye, « les clauses concernant le crime de lèse-majesté du code pénal thaïlandais sont incompatible avec les lois internationales sur les droits de l'Homme ».

Il faut juste rappeler que cette Loi thaïlandaise sur le crime de lèse-majesté, plus connue sous le nom d'« article 112 », prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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08/12/2017
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