Syrie: reprise des négociations inter-syriennes à Genève

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L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura après sa conférence de presse à Genève (photo: ONU/Violaine Martin).

Ce sera le quatrième épisode sous l'ère de Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie. Les autorités syriennes et leurs opposants se sont retrouvés, ce jeudi 23 février, pour des discussions encadrées par l'ONU au bord du lac Léman. Et des femmes syriennes sont aussi venues plaider auprès de M. De Mistura le sort des disparus et des détenus. Mais de façon générale, à Genève et sous l'égide des Nations unies, l'objectif reste le même : trouver une issue politique à la guerre qui dure depuis presque six ans et a déjà fait des milliers de morts en Syrie.

 

Au palais des Nations où ont débuté ces discussions ce jeudi matin, ce sont des réunions bilatérales à huis clos pour commencer cette quatrième série de pourparlers de paix sur la Syrie. Un ballet diplomatique qui a débuté par une rencontre entre l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie et l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bachar al-Jaafari qui dirige la délégation du gouvernement en place à Damas.

Ensuite c'est au tour d'une délégation du Haut comité des négociations (HCN). Une réunion entre Staffan de Mistura et la principale force d'opposition présidée par Nasr Al-Hariri.

Présent aussi lors de ce nouveau round de pourparlers intersyriens, Jihad Makdissi de l'une des branches de l'opposition – le groupe dit «du Caire» – qu'il était venu représenter. Et ces réunions bilatérales seront closes cet après-midi avec celle des représentants de la délégation, dite « Groupe de Moscou » conduite par Kadri Jamil.

Et en marge de ces entrevues, Staffan de Mistura a également rencontré des femmes syriennes. Ces dernières ont voulu passer le message pour que ces pourparlers de Genève se penchent sur le sort des détenus et des personnes disparues en Syrie.

Ces consultations seront suivies par une session plénière au cours de laquelle les discussions seraient officiellement lancées. Une cérémonie présidée par l'Envoyé spécial de l'ONU pour accueillir tous les participants ainsi que des ambassadeurs des pays membres du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG).

Il faut juste rappeler que la feuille de route de ces négociations reste la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU. A l'ordre du jour des discussions figurent donc la question de la transition politique et celle de l'élaboration d'une nouvelle Constitution afin de préparer le terrain à de futures élections.

Hier mercredi, l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a indiqué ne pas s'attendre à une « percée immédiate » à l'issue des pourparlers inter-syriens. Lors de cette conférence de presse au Palais des Nations, Staffan de Mistura a toutefois précisé attendre des différentes parties un « élan positif » en vue de trouver un accord. Et en signe de bonne volonté, la Russie a appelé à la suspension des frappes aériennes syriennes pour toute la durée de « Genève 4 », nom donné à cette quatrième session.

Il faut souligner que trois rencontres ont déjà eu lieu l'an dernier sur les bords du Lac Léman, sans parvenir à ramener la paix dans ce pays où plus de centaines de milliers personnes seraient mortes et plusieurs millions ont dû fuir sur les routes pour échapper aux combats.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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12/12/2017
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