Syrie: l'ONU plaide pour un geste humanitaire de «bonne volonté» avant les pourparlers de Genève

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En Syrie, un camp de déplacés dans le Quneitra rural (janvier 2017) Photo:© UNICEF/UN052596/Al-Faqeer

Les Nations Unies espèrent pouvoir livrer de l'aide dans plusieurs villes assiégées de Syrie, comme « geste de bonne volonté » avant la reprise des pourparlers de paix de Genève le 23 février. « Nous avons des convois prêts à partir pour Al-Waer dès demain et vers d'autres localités assiégées ou difficiles d'accès dans les prochains jours », a déclaré Jan Egeland, le Conseiller spécial de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie à l'issue d'un point de presse à Genève.

Le Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie s'est réuni ce jeudi au Palais des Nations à Genève. Et le Conseiller spécial de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie a plaidé pour que ces convois d'aide soient à nouveau autorisés dans les zones syriennes assiégées et difficiles d'accès. Jan Egeland a demandé aux belligérants de faire preuve de bonne volonté. « Nous avons des convois prêts à partir pour Al-Waer dès demain et vers d'autres localités assiégées ou difficiles d'accès dans les prochains jours », a déclaré Jan Egeland, chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire en Syrie. « Ce serait très important en tant que geste de bonne volonté alors que des négociations politiques sont prévues à Genève », a-t-il ajouté lors d'un point de presse.

En attendant, les Nations Unies rappellent des données alarmantes sur l'accès des convois humanitaire. « Comme décembre dernier, les deux premiers mois de 2017 ont été «énormément décevants», a estimé Jan Egeland. Ce dernier note qu'aucune des treize régions encore assiégées n'a pu être atteinte par voie terrestre. Seule la ville de Deir-Ez-Zor, encerclée par l'Etat islamique (EI), reçoit de l'aide grâce aux largages. Pourtant, le taux d'approbation des convois par les autorités a été plutôt bon récemment. Mais des responsables ensuite «nous empêchent de bouger», dit Jan Egeland.

Par ailleurs, M. Egeland a mis en garde contre le risque de famine qui menace la population des quatre villes de Zabadani, Madaya, Foua et Kefraya, si les convois d'aide ne sont pas autorisés à passer. « Si nous ne pouvons pas accéder à ces quatre villes, nous assisterons très bientôt aux mêmes scènes qu'il y a un an: des gens mourant de faim », a-t-il averti. M. Egeland a révélé que « cinq personnes étaient décédées au cours des derniers jours à Madaya et Kefraya, parce qu'elles n'avaient pas été évacuées à temps ». « Il y a encore 80 cas qui doivent être évacués de façon urgente. C'est une question de vie ou de mort pour tellement de gens », a-t-il déploré.

En 2016, les centres de santé auraient été visés près de 350 fois, dont 130 authentifiés par l'ONU. Plus de 3 millions de paquets de nourriture ont été distribués. Et 1,3 million de personnes ont été aidées dans les zones assiégées ou difficiles à atteindre.

(Extrait sonore : Jan Egeland, Conseiller spécial de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie)

 

 

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17/10/2017
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