Somalie : l'ONU sollicite une aide d'urgence pour éviter une crise alimentaire

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Des enfants attendent une distribution de nourriture par l'UNICEF à Mogadiscio, en Somalie (Photo d'archives : UNICEF/Kate Holt).

La grave sécheresse annoncée en Somalie menace une population déjà fragilisée par une forte augmentation des prix alimentaires et des prix du bétail, ainsi que des revenus agricoles qui chutent. Face à ces prévisions préoccupantes, deux organismes humanitaires de l'ONU ont tiré la sonnette d'alarme pour « intensifier l'aide apportée aux Somaliens qui font face à cette sécheresse importante ». Le PAM et l'UNICEF redoutent « une autre catastrophe » en Somalie sans une aide d'urgence dans les prochains mois.

 

« Nous n'avons que quelques mois » pour éviter une catastrophe en Somalie. Lors d'un point de presse téléphonique, le Représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) dans ce pays décrit une situation très préoccupante. Plus de six des douze millions de Somaliens sont en situation d'insécurité alimentaire. La moitié d'entre eux souffre de problèmes de nutrition. « Mais le pire est à venir », selon Laurent Bukera.  « L'aide humanitaire a pu sauver des vies dans le nord touché par la sécheresse au cours de l'année écoulée. Seule une aide supplémentaire peut nous aider à gérer la crise qui se dessine à l'horizon», a ajouté Laurent Bukera.

Les prévisions de pluies sont mauvaises pour cette année. Ce qui fait courir au pays un véritable risque de famine à grande échelle.  En attendant, les prix de la nourriture locale ont augmenté. Et dans plusieurs régions, notamment au Puntland, « les conditions sont extrêmement précaires ». Par rapport à la famine de 2011, des systèmes d'aide en argent liquide ont été établis, dit de son côté M. Bukera. Mais « la sécheresse est plus large » et, sans action, une « catastrophe » au moins aussi importante est attendue.

D'autant plus que la sécheresse devrait se renforcer dans toute la région. Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), les pluies devraient être de mars à mai sous la normale pour cette période dans plusieurs pays. Dans ces conditions, 4,5 millions de personnes pourraient manquer d'eau ou de matériel d'hygiène d'ici mai. Et quatre millions pourraient ne pas avoir accès à des soins. Alors que des milliers de personnes ont été affectées par des maladies liées à l'eau. Environ trois millions d'enfants sont déjà déscolarisés et plus de 100.000 autres pourraient les rejoindre.

Face à cette situation, le PAM et l'UNICEF demandent 450 millions de dollars américain. Et l'Agence basée à Rome veut cette année venir en aide à deux millions de personnes avec de la nourriture et de l'argent liquide, un million d'enfants de moins de cinq ans et un autre million de femmes. De l'eau et du matériel d'hygiène sont distribués. Des cliniques mobiles ont été établies.

Mardi dernier, la FAO s'était déjà inquiétée de la situation en Afrique de l'est où la sécheresse fait grimper considérablement les prix des produits alimentaires. L'Agence basée à Rome soulignait à cet égard qu'à Mogadiscio, les prix du maïs avaient augmenté de 23% en janvier. De manière générale, dans les petites villes clés du centre et du sud de la Somalie, les prix des céréales secondaires ont doublé en janvier, par rapport à l'année dernière. Les stocks de nourriture des ménages qui se sont épuisés plus tôt que prévu pendant la période de soudure, ainsi que des prévisions météorologiques défavorables et inquiétantes pour la prochaine saison des pluies devraient vraisemblablement avoir pour effet de faire grimper les prix d'ici les prochains mois.  Enfin, les prix des chèvres ont baissé de 60% par rapport à l'année précédente. Dans les zones pastorales du Kenya, les prix des chèvres ont également connu une baisse de 30% ces douze derniers mois.

(Extrait sonore : Laurent Bukera, Représentant du Programme alimentaire mondial en Somalie)

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20/10/2017
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