RDC : le Conseil de sécurité condamne les violences dans la région de Kasaï

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Le Conseil de sécurité de l’ONU a fermement condamné vendredi soir les violences observées au cours des derniers mois dans la région de Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC), et a réclamé la fin de l’impasse politique au niveau national.

Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil se sont déclarés vivement préoccupés "par les récentes informations faisant état de violations graves du droit international humanitaire commises par des milices locales dans la région de Kasaï, notamment le recrutement et l’utilisation illégale d’enfants soldats et les meurtres de civils par des membres des forces de sécurité de la RDC, qui pourraient constituer des crimes de guerre en vertu du droit international".

Le Conseil de sécurité a demandé au gouvernement congolais d’envoyer sur place immédiatement une enquête crédible et impartiale et de traduire en justice tous les responsables. Il s’est félicité de l’annonce faite par le gouvernement à cet égard et a encouragé la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) à fournir un appui aux autorités congolaises, si demandé, dans la conduite de cette enquête.

S’agissant de la situation politique au niveau national, les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur ferme soutien à l’accord politique du 31 décembre 2016 et à la poursuite d’élections pacifiques, crédibles, libres, justes et inclusives d’ici à décembre 2017, conduisant à un transfert démocratique de pouvoir. Ils ont exprimé leur inquiétude croissante quant à l’absence de progrès dans le dialogue entre les acteurs politiques congolais en ce qui concerne les modalités de mise en œuvre de l’accord.

Les quinze se sont inquiétés de ce que, deux mois après la signature de l’accord, la nomination d’un Premier ministre présenté par la coalition Rassemblement, ainsi que l’installation d’un nouveau gouvernement de transition et du Comité national de suivi de l’accord (CNSA) n’aient pas encore eu lieu. Ils ont souligné la nécessité de maintenir la bonne volonté politique qui a mené à la signature de l’accord afin d’éviter une plus grande insécurité en RDC.

Dans ce contexte, les membres du Conseil de sécurité ont appelé « toutes les parties prenantes de la RDC, y compris le Président Kabila, la majorité présidentielle et l’opposition, à redoubler de bonne foi leurs efforts en vue d’une conclusion rapide des pourparlers en cours sur les ‘arrangements particuliers’ de l’accord, afin de désigner d’urgence un Premier ministre présenté par le Rassemblement, conformément à l’accord du 31 décembre, de mettre en place le CNSA et de mettre en œuvre pleinement des mesures de confiance ». Ils ont rappelé que les questions de sécurité ne devraient pas retarder la mise en œuvre de l’accord et que sa mise en œuvre rapide est importante pour assurer la paix et la sécurité dans le pays.

Les membres du Conseil de sécurité ont réitéré leur plein appui à la médiation menée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et ont réaffirmé la nécessité pour toutes les parties de soutenir et de participer de manière constructive à ces efforts de médiation.

Les quinze ont souligné combien il était important pour le gouvernement et ses partenaires nationaux prennent « toutes les mesures nécessaires pour accélérer sans tarder les préparatifs des élections et pour assurer un environnement propice à la conduite pacifique et inclusive des activités politiques ». Ils ont également souligné l’importance de l’inclusion des femmes dans le suivi et la mise en œuvre de l’accord.

(Audio : Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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