PNUD/OSLO : Faire face à la crise dans le bassin du lac Tchad

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La réponse du PNUD à la crise consiste entre autre à fournir une formation professionnelle aux femmes, qui représentent 54% des personnes déplacées par le conflit dans le nord-est du Nigeria. Photo : PNUD Nigeria

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses partenaires se réunissent à Oslo, en Norvège, ce vendredi 24 février, pour prendre part, avec un sentiment d'urgence accru, à la troisième Conférence humanitaire internationale sur la situation au Nigéria et dans le bassin du lac Tchad.  Un appel de fonds de 1,5 milliard de dollars est lancé pour subvenir aux besoins urgents de 8,2 millions de personnes vivant dans les zones touchées à travers quatre pays, le Nigéria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

En tant qu'organisation qui fonde son action sur la connaissance du terrain, le PNUD est fermement convaincu qu'une réponse globale est la meilleure approche susceptible de résoudre les crises en cours, tout en tenant compte des besoins spécifiques de chaque pays.

Le PNUD estime que toute solution viable doit être élaborée sur la base de la reconnaissance du rôle historique joué par le bassin du lac Tchad en tant que carrefour centenaire sur les routes commerciales du Sahel reliant la côte atlantique à la mer Rouge.

Les observateurs admettent volontiers que cette crise a été négligée de façon flagrante. Ses conséquences pourraient affecter l'intégrité sécuritaire, économique, environnementale et institutionnelle du Nigéria, du Cameroun, du Niger et du Tchad.

Boko Haram a déjà fait plus de 35 000 morts et quelque 1,8 million de déplacés dans le nord-est du Nigéria.

Plus de 10,7 millions de personnes ont un besoin urgent d'assistance humanitaire et la famine aurait touché 65 000 âmes. Ce chiffre pourrait s'élever à 120 000 en cours d'année.

Au Cameroun, 200 000 personnes ont été forcées de fuir leur foyer et près de 3 millions d'individus devraient avoir besoin d'aide humanitaire cette année.

Ces facteurs sont aggravés par la tragédie environnementale du lac Tchad. Les variabilités climatiques combinées aux prélèvements d'eau ont entraîné le rétrécissement du lac, dont la superficie a diminué à moins d’un vingtième de sa taille en 1963. Il en résulte des écosystèmes dégradés, des pénuries d'eau, des mauvaises récoltes, des pertes en bétail, une chute des prises de poissons, une augmentation de la salinité des sols et, par conséquent, un accroissement de la pauvreté.

Le PNUD ainsi que les institutions des Nations Unies et les organismes humanitaires présents sur le terrain se trouvent en première ligne de la réponse et ont intensifié leur coordination à cet effet.

Ils ont collectivement fourni une aide efficace et coordonnée en appui au rétablissement du gouvernement et de la population dans le nord-est du Nigéria, notamment au cœur de la région touchée par la crise, à Maiduguri, capitale de l'État de Borno.

Le conflit dans le bassin du lac Tchad met en évidence le résultat de nombreuses années de négligence et d'occasions manquées pour le développement, dans une région stratégique dont le modèle économique historique a été perverti pendant la période coloniale.

Pour cette raison, le PNUD invite à se garder de limiter la réponse internationale aux seules préoccupations humanitaires immédiates. De même, il convient d'éviter de ne prêter attention qu'à la seule dimension sécuritaire de la crise.

(Interview : Ruby Sandhu-Rojon, Directrice adjointe du Bureau pour l'Afrique, Programme des Nations Unies pour le développement ; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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