Plus 20 millions de personnes menacées de famine, l’ONU tire la sonette d’alarme

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Un travailleur de santé communautaire du partenaire de l’UNICEF Swiss-Kaalmo, basé dans le camp de réfugiés de Salamey Idale, en Somalie, va de porte à porte pour diffuser des messages de santé aux mères et aux enfants vivant dans le camp. (Photo: UNICEF / Rich)

« La famine est déjà une réalité dans certaines parties du Soudan du Sud. À moins d’agir maintenant, ce n’est qu’une question de temps pour qu’elle affecte d’autres régions et d’autres pays », a déclaré António Guterres lors d’une conférence de presse conjointe à New York avec l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Ertharin Cousin (par visioconférence), la Directrice du bureau de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à New York, Carla Mucavi, et le Directeur exécutif adjoint du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Justin Forsyth.

« Nous sommes confrontés à une tragédie. Nous devons éviter qu’elle ne se transforme en catastrophe. Cela peut être évité si la communauté internationale prend des mesures décisives », a ajouté le chef de l’ONU.

Au Soudan du Sud, près de 5 millions de personnes manquent de nourriture et la famine a déjà été déclarée dans deux comtés. Dans le nord-est du Nigéria, environ 5,1 millions de personnes sont confrontées à de graves pénuries alimentaires. En Somalie, les prix des denrées alimentaires augmentent, les animaux meurent et près d’un million d’enfants de moins de 5 ans souffriront de malnutrition aiguë cette année. Le Yémen est confronté à la plus grande crise alimentaire dans le monde, avec environ 7,3 millions de personnes ayant besoin d’aide maintenant.

António Guterres a rappelé que les agences onusiennes sont en train d’intensifier leurs opérations dans ces pays.

« Nous intensifions également la coopération entre les agences humanitaires et de développement, y compris la Banque mondiale », a-t-il précisé. « Sauver des vies est la priorité, mais nous cherchons également à renforcer la résilience aux chocs sur le long terme ».

Selon lui, l’obstacle le plus important est le financement. « Les opérations humanitaires dans ces quatre pays nécessitent plus de 5,6 milliards de dollars cette année. Nous avons besoin d’au moins 4,4 milliards de dollars d’ici la fin du mois de mars pour éviter une catastrophe. Malgré quelques promesses généreuses, seulement 90 millions de dollars ont effectivement été reçus à ce jour. Nous sommes au début de l’année, mais ces chiffres sont très inquiétants », a déclaré le chef de l’ONU.

Ces problèmes de financement ont déjà forcé le PAM à réduire les rations au Yémen de plus de moitié depuis l’an dernier.

« J’exhorte tous les membres de la communauté internationale à intensifier et à faire tout ce qui est en leur pouvoir, qu’il s’agisse de mobiliser le soutien, d’exercer des pressions politiques sur les parties en conflit ou de financer des opérations humanitaires », a déclaré António Guterres, qui a également demandé aux parties en conflit de respecter le droit international humanitaire et permettre aux travailleurs humanitaires d’avoir accès aux personnes dans le besoin.

A noter que la famine ne peut être déclarée que lorsque certains critères sont rassemblés, dont au moins 20 pour cent des ménages dans une zone confrontés à des pénuries alimentaires extrêmes et des taux de malnutrition aiguë dépassant 30%; et un taux de mortalité qui dépasse deux personnes par jour pour 10.000 personnes.

(Extrait sonore : António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies)

 

 

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23/10/2017
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