#OcéansPropres : l'ONU lance une campagne pour mettre fin aux déchets plastiques

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Le parrain d'ONU Environnement pour les océans, Lewis Pugh, nage dans les océans du monde pour exhorter les décideurs politiques à protéger au moins 10% des mers du monde. Dans la mer d'Arabie, au large d'Oman, le fond marin était rempli de déchets. Pas de poisson. Pas de corail. Juste des pneus, du plastique, des bouteilles et des boîtes de conserves.

L’ONU Environnement a donné jeudi le coup d’envoi d’une campagne mondiale, #OcéansPropres, visant à mettre fin aux déchets plastiques, dont 8 millions de tonnes sont déversées dans les océans chaque année.

L’objectif est d’éliminer, à l’horizon 2022, les micro-plastiques présents dans les cosmétiques et l’utilisation excessive de plastique à usage unique.

Lancée lors du Sommet mondial sur les océans organisé à Bali, la campagne #OcéansPropres appelle les gouvernements à adopter des politiques de réduction du plastique, interpelle les industries à minimiser les emballages plastiques et à repenser la conception des produits, et invite les consommateurs à changer leurs habitudes du tout-jetable – avant que nos océans ne soient endommagés de manière irréversibles.

« Il est grand temps de s’attaquer au problème du plastique responsable de la dégradation de nos océans. La pollution plastique est visible sur les plages indonésiennes, s’installe aux fonds des océans du Pôle Nord, et s’invite tout au long de la chaîne alimentaire jusque dans nos assiettes. Nous avons joué le rôle de spectateur pendant trop longtemps et le problème n’a fait que s’aggraver. Cela doit cesser », a déclaré le Directeur de l’ONU Environnement, Erik Solheim, dans un communiqué de presse.

Tout au long de l’année, la campagne #OcéansPropres relaiera les importantes mesures prises par les pays et les entreprises comme l’élimination des microbilles présentes dans les produits d’hygiène, l’interdiction ou les taxes imposées sur les sacs plastique à usage unique, et les réductions notables de tout autre article en plastique jetable.

Dix pays se sont déjà engagés à rejoindre la campagne. Il s’agit de la Belgique, du Costa Rica, de la France, de la Grenade, de l’Indonésie, de la Norvège, du Panama, de Sainte-Lucie, du Sierra Leone et de l’Uruguay.

L’Indonésie s’est engagée à réduire les déchets marins de 70% à l’horizon 2025, l’Uruguay imposera une taxe sur les sacs plastique à usage unique dès la fin de l’année et le Costa Rica prendra des mesures pour réduire considérablement l’utilisation de plastique à usage unique grâce à une meilleure gestion des déchets et à des campagnes d’information.

Chaque année, plus de 8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans, ravageant les espèces sauvages marines, les pêcheries et le tourisme et générant un coût d’environ 8 milliards de dollars en dommages aux écosystèmes marins. Près de 80% de tous les déchets présents dans nos océans sont des déchets d’origine plastique.

Selon certaines estimations, au rythme actuel auquel nous jetons nos bouteilles en plastique, nos sacs et récipients suite à un seul usage, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans à l’horizon 2050, et environ 99% des oiseaux marin auront ingéré du plastique.

Un nouveau documentaire The Smog of the Sea met ainsi en évidence la question des micro-plastiques qui pénètrent dans les océans du monde.

Le top model Nadya Hutagalung, le chanteur-compositeur-interprète et ambassadeur de bonne volonté des Nations Unies pour l’environnement, Jack Johnson, et l’acteur Adrian Grenier, célèbre pour son rôle dans la série télévisée ‘Entourage’, soutiennent la campagne #OcéansPropre.

Plusieurs marques internationalement connues rejoignent également la lutte contre la pollution marine. Le constructeur informatique DELL a dévoilé aujourd’hui une chaîne d’approvisionnement à l’échelle commerciale utilisant du plastique repêché au large d’Haïti. Le géant des ordinateurs se servira de plastique récupéré pour l’emballage de ses produits.

Aujourd’hui, nous produisons vingt fois plus de plastique que dans les années 1960. Environ un tiers de tous les plastiques est utilisé pour les emballages. À l’horizon 2050, notre production de plastique aura augmenté de 3 à 4 fois afin de répondre à notre demande. Une part importante de cette production terminera dans les océans où elle y demeurera pendant des siècles.

(Audio : Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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