Négociations intersyriennes de Genève : l'appel solennel de Staffan de Mistura aux belligérants syriens face à leur « responsabilité historique »

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L’Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a réussi à réunir sur la même scène du Palais des Nations la délégation du gouvernement et celle de l'opposition (Photo: ONU/V. Martin).

Les négociations intersyriennes débutent ce jeudi soir à Genève, sous l'égide de l'Envoyé spécial de l'ONU qui a déclaré ne pas s'attendre à «des miracles» pour parvenir à une solution de ce conflit sanglant. Staffan de Mistura a ainsi solennellement appelé les différentes parties à faire preuve de « responsabilité historique » lors de l'ouverture  officielle de ces négociations à Genève. A cette occasion, la délégation de Damas et celles de l'opposition étaient pour la première fois, face à face dans la grande salle des Assemblées du Palais des Nations.

 

« Il n'y a pas de solution militaire, mais juste une solution politique. C'est vrai aujourd'hui, et c'est encore vrai demain ». A l'ouverture officielle des négociations inter-syriennes, l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a insisté sur ce qu'il considère comme « un long et difficile voyage vers la paix » qui peut commencer ce jeudi à Genève.

Car l'émissaire onusien a réussi à réunir sur la même scène du Palais des Nations la délégation du gouvernement et celle de l'opposition. Dans cette salle des Assemblées, il y avait d'un côté les représentants gouvernementaux emmenés par l'ambassadeur syrien à New York Bachar al-Jaafari et de l'autre, le Haut Comité des négociations (HCN) présidé par Nasr Al-Hariri. Une cérémonie officielle à laquelle ont également participé des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU et des représentants du Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG).

A tous les belligérants syriens, Staffan de Mistura a rappelé leur « responsabilité historique » et « l'opportunité qu'ils ont de mettre fin à la guerre » sanglante qui ravage leur pays depuis six ans. L'Emissaire onusien s'est ainsi fait l'écho du désir de paix du « peuple syrien qui veut désespérément une fin à ce conflit ». A cet égard, il espère « qu'un jour, les Syriens se souviendront de ce jour comme celui où, ici et à cette heure, a débuté un long et difficile voyage vers la réconciliation ».

En attendant, le diplomate italo-suédois a déclaré ne pas s'attendre à des miracles pour parvenir à une solution du conflit. « Evidemment j'ai dit qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles, fait remarquer Staffan de Mistura. Un parce que je suis superstitieux, deux parce que j'ai vu qu'il y a eu pleins de problèmes par le passé et trois parce que j'essaye d'être réaliste. Je pense qu'en même le moment est important pour que toutes les parties puissent comprendre que la guerre ne peut pas continuer et il y a des raisons pour lesquelles je pense que c'est le moment, y inclut la trêve qui a des difficultés.

Pour répondre à votre question sur les plus graves difficultés, pour ne pas prendre beaucoup de votre temps parce qu'il y en a pas mal, c'est d'abord le besoin de confiance et c'est là où la médiation peut aider ».

« Ce ne sera pas facile mais nous devons nous atteler à cette tâche » a-t-il ajouté. Sans quoi, Staffan de Mistura avertit qu'un échec de ces négociations intersyriennes conduirait « à nouveau à plus de combats, davantage de morts, plus de réfugiés et plus de terrorisme ». En gros « davantage de souffrances ».

Dans ces conditions et sans perdre du temps, Staffan de Mistura a annoncé que les discussions débuteraient dès ce jeudi soir. Et dès demain vendredi, place à de nouvelles réunions bilatérales qui vont s'atteler aux questions de procédures et du plan de travail de ces négociations intersyriennes.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève ; avec un extrait sonore de Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie).

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15/12/2017
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