Méditerranée centrale : un périple meurtrier pour les enfants, selon l'UNICEF

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Des demandeurs d'asile originaires de Syrie, y compris des enfants, arrivent sur les rives de l'île de Lesbos, dans le nord de la Mer Egée, en Grèce. Photo: UNICEF / Alessio Romenzi

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a publié mardi un rapport intitulé: « Un périple meurtrier pour les enfants : sur la route de la Méditerranée centrale ». Par ce document, l'agence onusienne lance un plaidoyer pour les dizaines de milliers d'enfants non accompagnés, qui, en tentant de rallier l'Europe, pour fuir la guerre, la violence et la pauvreté en Afrique, sont souvent victimes de passeurs peu scrupuleux.

Pour remédier à ces drames, le Fonds prône une action globale en six points. L'action globale vise à protéger les enfants réfugiés et migrants de l'exploitation et de la violence; à mettre fin à la détention des enfants migrants en proposant des alternatives concrètes; à ne pas séparer les familles; à permettre à tous les enfants réfugiés et migrants d'apprendre et d'avoir accès aux soins de santé; à s'attaquer aux causes sous-jacentes des mouvements massifs de réfugiés et de migrants; et enfin à promouvoir des mesures de lutte contre la xénophobie, la discrimination et la marginalisation dans les pays de transit et de destination.

L'UNICEF dénonce l'existence d'au moins 34 centres de détention des enfants en Libye, soulignant que le manque d'accès et la situation sécuritaire ont empêché ses équipes de se rendre dans certaines parties du territoire où d'autres enfants sont détenus par des milices et subissent de mauvais traitements, sont abusés sexuellement et n'ont aucun accès à des soins de santé. Selon l'UNICEF, les enfants meurent par milliers.

Le Fonds rappelle qu'en 2016, plus de 4 500 personnes ont péri en Méditerranée en tentant de gagner l'Europe (une personne sur 40). Parmi elles figuraient au moins 700 enfants, pour la plupart non accompagnés.

De nombreux chemins rejoignent la route de la Méditerranée centrale, sur laquelle affluent des femmes et des enfants venus des régions intérieures d'Afrique et du Moyen-Orient pour traverser le Sahara et atteindre la mer Méditerranée en Libye.

L'UNICEF fait valoir que plus qu'un itinéraire à haut risque emprunté par des gens désespérés, la route de la Méditerranée centrale représente aujourd'hui une véritable industrie de plusieurs milliards de dollars contrôlée par des réseaux criminels. Cette route compte également parmi les plus dangereuses au monde pour les enfants, qui, en l'absence d'autres voies de migration sécurisées et légales, n'ont d'autre choix que de l'emprunter.

En 2016, plus de 181 0008 migrants, parmi lesquels plus de 25 800 enfants non accompagnés, ont ainsi mis leur vie entre les mains des passeurs pour rejoindre l'Italie.  Les 1 000 kilomètres qui séparent la frontière sud de la Libye, en plein désert, de la côte méditerranéenne et les 500 kilomètres de mer à traverser pour atteindre la Sicile constituent les parties les plus périlleuses du trajet.

(Interview: Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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