Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines : accélérer les progrès pour mettre fin à l’excision d’ici 2030

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Déclaration d’abandon des mutilations génitales féminines en Guinée. (Photo: UNFPA)

Environ trois millions de filles – dont beaucoup ont moins de 15 ans – risquent de subir une forme de mutilation génitale féminine (MGF) obligée cette année en dépit de tous les progrès qui ont été faits pour abolir cette pratique violente, ont affirmé lundi le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et celui pour les populations (UNFPA) à l'occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des  mutilations génitales féminines.

Malheureusement, ces filles se joindront aux quelques 200 millions de filles et de femmes à travers la planète qui souffrent déjà des dégâts causés par les MGF dont les communautés sont déjà touchées par leur impact, ont souligné les agences onusiennes.

En 2016, plus de 2 900 communautés, représentant plus de 8,4 millions de personnes vivant dans des pays où l’UNFPA  et l’UNICEF travaillent ensemble pour mettre fin à l’excision, ont déclaré qu’elles avaient abandonné cette pratique.

L'UNFPA et l'UNICEF appellent à réclamer des mesures plus rapides pour tirer parti de ces progrès, y compris inviter les gouvernements à adopter et appliquer des lois et des politiques qui protègent les droits des filles et des femmes et empêchent les MGF.

Les Objctifs de développement durable (ODD) ont reconnu le lien étroit qui existe entre les MGF, l’inégalité entre les sexes et le développement – et ont relancé l’action mondiale pour mettre fin aux MGF d’ici 2030.

Les Fonds affirment que les MGF, qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales,  endommagent irrémédiablement le corps des filles, infligent une douleur atroce et provoquent un traumatisme émotionnel extrême qui peut durer toute une vie.

De plus l’excision augmente le risque de complications mortelles pendant la grossesse, le travail et l’accouchement, mettant en danger la mère et l’enfant.

Cette pratique néfaste prive les filles de leur autonomie et viole leurs droits humains, et reflète le faible statut accorde aux filles et aux femmes tout en renforçant l’inégalité entre les sexes et alimentant les cycles intergénérationnels de discrimination et de préjudice.

L’édition 2017 de la Journée  internationale de la tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines a été placée sous le thème « Bâtir un pont solide et interactif entre l’Afrique et le monde afin d’accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines”, et encourage notamment la diaspora africaine à inscrire l’élimination des MGF et l'égalité des genres dans leurs projets de développement.

A micro d'ONU Info la Coordinatrice du Programme conjoint de l'UNFPA et l'UNICEF pour l'élimination des MGF, Nafissatou Diop, fait un tour d'horizon sur la question des MGF et revient sur l'action de sensibilisation, d'éducation, mais aussi de réparation physique que mène le programme onusien depuis plus de 8 ans.

(Interview : Nafissatou Diop, Coordinatrice du Programme conjoint UNFPA et UNICEF pour l'élimination complète des MGF ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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13/12/2017
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