Journée de la justice sociale : pour l'OIT, le travail décent est le fondement de sociétés équitables et inclusives

Écouter /

Un travailleur domestique lave des vêtements à la main à New Delhi, en Inde. Photo: ILO/B. Patel

A l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale (20 février), le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a souligné lundi le défi que constitue la réduction des écarts économiques et sociaux issus des inégalités croissantes.

Cette année, le thème de cette journée, célébrée chaque 20 février, est la prévention des conflits et le maintien de la paix par le travail décent.

« Nous célébrons cette Journée mondiale de la justice sociale dans un contexte de grande incertitude », a alerté M. Ryder dans un message à l’occasion de la journée. « La pauvreté et les conflits continuent de dévaster la vie de nombreuses personnes tandis que des sociétés plus prospères ont vu s’amplifier les inégalités », a-t-il déploré.

« Les jeunes gens ne trouvent pas leur place dans la société »

Pour le Directeur général, la mondialisation avait fait miroiter une ère de prospérité mais ses bénéfices ont été répartis de manière inégale. « Paradoxalement, alors que le monde est plus connecté que jamais, des fractures sociales et économiques apparemment irréparables se sont ouvertes », a-t-il déclaré, précisant que des millions de personnes se sentent laissées pour compte ou exclues et qu’elles ressentent au quotidien l’absence de justice sociale.

« Des enfants sans avenir sûr, des parents sans emploi décent et une sensation générale d’abandon. Un sentiment d’injustice prévaut dans de nombreux secteurs », a précisé M. Ryder prévenant que les conséquences pour les populations, les sociétés et les économies sont graves.

Selon l’agence des Nations Unies consacrée au monde du travail, la pénurie d’emplois décents et la crainte que les aspirations à un avenir meilleur restent insatisfaites sont de grands motifs d’inquiétude dans la population et alimentent l’incertitude.

« Les jeunes gens ne trouvent pas leur place dans la société. Ces sentiments sont encore plus vifs dans les situations de conflit, de fragilité et de bouleversement où s’expriment souvent trois désirs fondamentaux: rentrer chez soi, gagner dignement sa vie en travaillant et garantir la sécurité et la scolarisation de ses enfants », a détaillé le Directeur général.

« Si tu veux la paix, cultive la justice »

Pour le chef de l’OIT, le défi commun est de proposer des alternatives économiques capables d’offrir des possibilités de travail décent sur lesquelles reposent la stabilité et la réussite de nos sociétés. « Nous avons besoin de solutions qui nous éloignent des conflits et nous conduisent vers la reconstruction et vers une croissance économique alliée au progrès social; des solutions qui permettent de construire des institutions basées sur les normes du travail, garantes des droits au travail », a déclaré M. Ryder. « Dans un monde interdépendant, c’est un programme global et une responsabilité mondiale ».

Le mandat fondateur de l’OIT trouve son origine dans le principe ‘Si vis pacem, cole justitiam’, (Si tu veux la paix, cultive la justice). « Ces mots, écrits il y a près de cent ans quand le monde sortait des ravages de la guerre, n’ont rien perdu de leur force », a rappelé le Directeur général. « A travers notre action dans le monde du travail, nous rejoignons la famille des Nations Unies pour réaffirmer notre engagement à agir en faveur de sociétés équitables et inclusives qui permettent de bâtir la paix sur des fondements solides ».

(Audio : Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...