CPI : dénoncer le Statut de Rome nuit à la justice internationale pour tous, affirme l'ONU

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Adama Dieng (Photo : ONU)

Alors que le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie ont annoncé en 2016 leur intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), le Conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a estimé dans une tribune récemment publiée dans The East African que dénoncer le Statut de Rome nuit à la justice internationale pour tous.

Selon le Conseiller spécial, la négociation et l’adoption du Statut de Rome demeurent l’une des plus importantes réalisations du siècle dernier en matière de lutte contre l’impunité.

« L'Afrique a été à l'avant-garde de La Cour pénale internationale dans l'adoption de ce traité », a affirmé Adama Dieng, soulignant que trente-quatre États parties sont africains, ce qui constitue le plus grand groupe régional à ce jour.

Adama Dieng juge que l'Afrique a tout lieu d'être fière de la création de la Cour, considérée à juste titre comme le début d'un nouveau chapitre de la lutte contre l'impunité et un moyen de tenir responsables de leurs actes ceux qui ont trop longtemps méprisé la vie et la dignité de leur population.

Selon lui, les pays qui ont annoncé leur départ ou menace de le faire reprochent principalement à la CPI de manquer d'équité dans ses décisions en matière de poursuites judiciaires, qui, aux yeux de certains, visent de façon disproportionnée des dirigeants africains.

Le siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Photo CPI/Max Koot

L'ancien Greffier du Tribunal pénal international pour le Rwanda a appelé à prendre les attaques qui sont formulée contre la Cour avec « beaucoup de philosophie ».

« Il n'y a pas une seule institution au monde qui soit parfaite et les instituions sont appelées à être amendées, reformées » a expliqué Adama Dieng lors d'interview à ONU Info suivant la publication de sa tribune. « C'est à la suite de ces réformes qu'on y arrivera, ce n'est pas en se retirant qu'on va régler le problème de la justice le problème de l'impunité ».

Aussi le Conseiller le Secrétaire général adjoint de l'ONU a rappelé que la Cour est fondée sur le principe de la « complémentarité », qui ne se saisie « que lorsque les instances nationales n'ont pas la capacité ni la volonté de juger les crimes graves tels que les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre ».

Le mois de juillet 2017 marquera le quinzième anniversaire de l'entrée en vigueur du Statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale.

« Son adoption a été précédée de nombreuses années de longs et laborieux efforts diplomatiques menés sur le plan régional et international, qui ont permis de faire admettre l'importance de créer une cour pénale internationale permanente capable de juger les crimes les plus graves : génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité », a rappelé le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Conseiller spécial pour la prévention du génocide.

 

(Interview : Adama Dieng, le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Conseiller spécial pour la prévention du génocide, ancien Greffier du Tribunal pénal international pour le Rwanda; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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