Conseil des droits de l'homme : l'approche holistique de la Belgique pour lutter contre le terrorisme

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Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Belgique (photo : ONU/J. M. Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme a poursuivi ce mardi matin son débat de haut niveau. Une séance au cours de laquelle a été notamment évoquée la question du terrorisme international.  Son pays en ayant été victime, le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Belgique a souligné combien toute mesure de lutte contre ce phénomène devait tenir compte des droits fondamentaux de l'individu et répondre aux critères de proportionnalité entre la sécurité de la population, d'une part, et le respect des libertés fondamentales, de l'autre.  La lutte contre le terrorisme passe aussi par la prévention, la répression judiciaire, la réhabilitation, la coopération internationale, ainsi que par la lutte contre la discrimination religieuse, a rappelé M. Didier Reynders.

 

Devant le Conseil des droits de l'homme, le Chef de la diplomatie belge a indiqué que son pays, qui a été victime d'actes terroristes, met actuellement en place de nouvelles mesures pour faire face à cette menace. Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères a ainsi rappelé dans l'enceinte onusienne à Genève les détails de ce dispositif qui tient compte des droits fondamentaux de l'individu.  Toute réponse, qu'elle soit législative, administrative ou recoure à l'intervention des forces de l'ordre, doit respecter le critère de proportionnalité entre la sécurité de la population et le respect des libertés fondamentales, a insisté Didier Reynders.

« Nous avons tous à l'esprit les terribles souffrances des victimes de la terreur extrémiste, où qu'elle se produise, fait remarquer le Vice-Premier Ministre belge. En Belgique, nous nous préparons à commémorer, le mois prochain, l'anniversaire des attentats horribles et ignobles qui ont touché notre aéroport national et une station de métro de la capitale.  La Belgique, comme nombre d'autres pays, met en place de nouvelles mesures pour faire face aux menaces qui pèsent sur nos sociétés. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, il est crucial d'assurer le respect absolu des droits de l'Homme et du droit humanitaire.  Lorsque l'exercice des libertés régresse, c'est en effet la démocratie même qui est en danger. La Belgique s'est engagée à garantir les droits fondamentaux de l'individu dans ses mesures nationales contre le terrorisme. Toute réponse, qu'elle soit législative, administrative, ou par le biais d'interventions des forces de l'ordre, doit répondre aux critères de proportionnalité entre la sécurité de la population et le respect des libertés fondamentales.

En outre, la Belgique pratique et souhaite promouvoir une approche dite 'holistique' de la lutte contre le terrorisme. Une approche qui intègre la prévention, la répression judiciaire, et la réhabilitation, et considère ces trois composantes comme aussi essentielles les unes que les autres. Car il ne suffit pas de lutter contre les actes terroristes eux-mêmes : pour y mettre fin durablement, il faut s'attaquer aux discours extrémistes, et porter d'autres réponses à ceux que ces discours cherchent à séduire ».

L'approche holistique contre le terrorisme qu'elle souhaite promouvoir, doit selon la Belgique, intégrer la prévention, la répression judiciaire et la réhabilitation.  Mais « cette approche demande une coopération internationale renforcée dans le cadre de la lutte contre les réseaux terroristes, la radicalisation et l'extrémisme violent », avertit Bruxelles.

Un autre axe est le renforcement de la lutte contre la discrimination, qu'elle soit basée sur le genre, la race, la couleur de la peau ou la religion, a-t-il poursuivi.  Dans ce contexte, la Belgique, à travers son projet de résolution sur les «arrangements régionaux», proposera la promotion d'une meilleure coopération entre les Nations Unies et les organes régionaux en matière de droits de l'homme afin de combattre le fléau du racisme, a indiqué M. Reynders.

(Extrait sonore : Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères, du commerce extérieur et des affaires européennes de la Belgique)

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14/12/2017
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