Cancer du col de l’utérus: l’OMS appelle à intensifier lse vaccinations contre le VPH

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(Photo: GAVI/Olivier Asselin)

Des vaccins moins chers sont essentiels pour intensifier la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) et ainsi prévenir des milliers de cancers du col de l’utérus évitables, selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) spécialisée sur le cancer.

Chaque année, le cancer du col de l’utérus tue plus de 250.000 femmes, et 85% de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Le cancer du col est le quatrième cancer féminin le plus fréquent dans le monde, mais la plupart de ces décès pourraient être prévenus avec des mesures de prévention adéquates, comme la vaccination des filles contre le virus du papillome humain (VPH) et des programmes de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses, a précisé le CIRC dans un communiqué de presse.

Il a été démontré que la vaccination contre le VPH protège les femmes contre l’infection chronique par les VPH 16 et 18, les deux principaux types de ce virus connus pour causer le cancer du col de l’utérus.

Dans les pays à revenu élevé, le dépistage a inversé les tendances

Dans les pays à revenu élevé, le dépistage général a radicalement inversé les tendances, et l’incidence et la mortalité du cancer du col de l’utérus ont fortement diminué. Dans ces pays, l’impact de la vaccination sur le recul des maladies liées au VPH est déjà documenté. Mais dans les pays en développement, où le fardeau de la maladie est le plus lourd, la lutte contre le cancer du col n’est souvent pas considérée comme une priorité pour des budgets de santé limités, et les femmes n’ont pas accès à une prévention et à un traitement adéquats.

Gavi, L’Alliance du vaccin contribue de manière importante à améliorer les perspectives de vaccination contre le VPH dans les pays à faible revenu. L’Amérique latine est ainsi une illustration encourageante de la manière dont la mise en œuvre de la vaccination anti-VPH est possible dans les pays en développement. En effet, 80% des filles ont accès à la vaccination anti-VPH en Amérique latine, grâce à l’engagement des gouvernements nationaux.

Cependant, à quelques exceptions près, la vaccination n’est toujours pas appliquée à l’échelle nationale dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire en Asie et en Afrique. Les femmes peuvent développer une maladie du col, qui risque de ne pas être traitée, étant donné l’inefficacité des services de dépistage et de traitement dans de nombreux pays.

« A moins d’agir rapidement, des milliers de femmes auront un cancer du col de l’utérus car elles ne sont pas vaccinées », déclare le Dr Rolando Herrero, Chef de la Section Détection précoce et prévention au CIRC. « Dans les pays où la détection précoce et le dépistage sont difficiles à mettre en œuvre en raison du manque d’infrastructures adéquates, la vaccination joue un rôle essentiel dans la protection des femmes contre le cancer du col utérin. Les gouvernements doivent faire preuve d’un engagement politique fort pour mettre en œuvre la vaccination contre le VPH ».

Le prix élevé des vaccins est un obstacle

Les obstacles les plus fréquents à la mise en œuvre de la vaccination sont le manque de volonté politique, le prix élevé des vaccins, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et les priorités concurrentes en matière de santé publique dans les pays à ressources limitées.

Dans certaines régions, on peut aussi hésiter à vacciner les jeunes filles pour des raisons culturelles et craindre que la vaccination ne favorise une activité sexuelle précoce. Parmi les autres obstacles, notons le faible taux de scolarisation, ce qui peut limiter la portée des programmes de mise en œuvre, qui ont souvent lieu dans les écoles.

« Le cancer du col utérin est une maladie des pauvres. Il existe un préjugé sexiste dans de nombreux pays : investir dans les femmes y est encore considéré comme moins stratégique », explique le Dr Rengaswamy Sankaranarayanan, Conseiller spécial pour la lutte contre le cancer et Chef du Groupe Dépistage du CIRC. « Il est vital que les gouvernements s’attaquent à ces obstacles. Dans beaucoup de pays, les femmes sont souvent les seuls soutiens de famille, et les protéger revêt donc une importance humaine et économique capitale ».

Le CIRC mène plusieurs projets de recherche clés sur le cancer du col dans les pays à faible revenu. Il travaille actuellement sur l’efficacité d’un vaccin à dose unique et comment améliorer l’accès, y compris financier, aux vaccins.

 

 

(Extrait sonore: Véronique Terrasse, porte-parole du CIRC; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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08/12/2017
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