Un nombre croissant de personnes se rendent au Sénégal en provenance de la Gambie

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Des femmes et des enfants arrivent de Gambie au poste frontalier de Selety, dans la région de Ziguinchor, au Sénégal. (Crédit photo : William Diatta/PAM)

Alors que le Conseil de sécurité devait se réunir à la mi-journée à New York, les efforts diplomatiques de divers acteurs internationaux y compris la CEDEAO, l’Union africaine et l’ONU, se poursuivent pour convaincre le président Yaya Jammeh de se retirer après avoir perdu les élections de décembre dernier. Plus tôt dans la Journée, le président élu Adama Barrow a prêté serment à Dakar et pris ses nouvelles fonctions.

Sur le plan humanitaire, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) confirme qu'au moins 28 000 personnes, principalement des enfants, ont quitté la Gambie et traversé au Sénégal depuis le début de cette année pour échapper à la tension croissante émanant des résultats de l’élection présidentielle du mois dernier.

Alors que certaines personnes ont choisi de rester en Gambie, beaucoup d'autres elles ont commencé à envoyer leurs enfants au Sénégal comme mesure de précaution face à l’impasse politique, craignant de potentiels troubles.

Le HCR, certaines agences humanitaires et les autorités sénégalaises surveillent les frontières depuis la crise politique qui a éclaté le mois dernier ; elles ont déployé des missions conjointes sur le terrain la semaine dernière et cette semaine au sud du Sénégal, en Casamance, qui borde la Gambie, ainsi que dans ses environs. Outre le HCR et le Comité National pour les Réfugiés, les Rapatriés et les Personnes Déplacées (CNRRPD) au Sénégal, l’OCHA, l’UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial, l’OIM et quelques autres parties prenantes ont également participé à ces missions.

Une grande partie de cette traversée quotidienne relève du trafic régulier, mais les résultats préliminaires indiquent également que plusieurs milliers de personnes ont traversé au Sénégal pour chercher un abri, principalement dans les zones de Ziguinchor, Sédhiou, Kaolack et Kolda. Très peu d’arrivées ont été notées dans les régions de Fatick, Kaffrine et Tambacounda ; mais cette tendance pourrait rapidement changer. Les autorités, avec le soutien du HCR, travaillent actuellement à renforcer les systèmes d’enregistrement.

La majorité des arrivées au Sénégal sont des Gambiens, ainsi que des Sénégalais qui ont travaillé ou vivent en Gambie. Les équipes signalent également la présence de Ghanéens, de Guinéens, de Libériens, de Mauritaniens et de Libanais parmi les arrivées. « La plupart vivent chez des parents ou des familles d’accueil. Certains ménages ont plus que doublé ou triplé en taille, ce qui risque de mettre une pression sur leurs ressources, en particulier en termes de nourriture » indique Liz Ahua.

Le HCR collabore étroitement avec les autorités sénégalaises et les organismes d’aide pour établir des plans d’urgence en cas de futurs afflux. Il s’agit notamment d’identifier et de préparer des sites de transit et d’hébergement à proximité d’installations déjà existantes qui fournissent des services de base.

(Interview : Hélène Caux, Administratrice principale régionale chargée de l'information publique du HCR, Dakar ; propos recueillis par Jérôme Longué)

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19/10/2017
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