RDC : près de 30% de plus de violations des droits de l'homme en 2016, selon l'ONU

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Une rue de Kinshasa lors des heurts qui ont éclaté pendant la manifestation de l'opposition à Kinshasa, le 19/09/2016. (Photo : Radio Okapi/J.Bompengo)

xxx  Les violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC) ont fortement augmenté en 2016, de près de 30%, par rapport à 2015, selon un nouveau rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC.

En 2016, le BCNUDH a documenté au moins 5 190 violations des droits de l’homme sur l’étendue du territoire de la RDC, contre 4 004 violations en 2015.

« Cette augmentation s’explique en particulier par le fait que 2016 a été caractérisée par un grand nombre de violations liées à la restriction de l’espace démocratique, notamment en lien avec le report des élections nationales initialement prévues pour 2016, ainsi que par les activités accrues de plusieurs groupes armés dans les provinces touchées par le conflit », explique le rapport.

Près de 64% des violations des droits de l’homme documentées au cours de l’année 2016 sont attribuables aux agents de l’État (avec notamment 480 victimes d’exécutions extra-judiciaires), tandis que plus de 36% du nombre total de violations ont été perpétrées par les groupes armés (ayant causé la mort de 718 personnes).

Parmi les agents de l’État, les principaux responsables des violations documentées en 2016 sur l’étendue du territoire de la RDC sont, à l’instar de l’année précédente et dans une tendance préoccupante, les agents de la police nationale congolaise (PNC), avec 1 553 violations, soit près de 30% des violations documentées par le BCNUDH et une hausse significative de plus de 65% par rapport à 2015 (941 violations). Les provinces de l’ouest de la RDC ont été les plus touchées par ces violations.

Le BCNUDH a également enregistré 1 218 violations attribuables aux militaires des forces armées de RDC (FARDC), ce qui représente une hausse de plus de 10% du nombre de violations commises par des FARDC par rapport à 2015 (1.106 violations). Les provinces de l’est de la RDC ont été les plus touchées par ces violations.

Le BCNUDH a salué la condamnation d’au moins 167 militaires des FARDC et 59 agents de la PNC pour des actes constituant des violations des droits de l’homme dans l’ensemble des provinces de la RDC, ce qui témoigne de l’engagement des autorités dans la lutte contre l’impunité. Le BCNUDH a continué son programme d’appui aux autorités judiciaires engagées dans la lutte contre l’impunité des crimes graves, notamment à travers 16 missions d’enquête conjointe (JIT) et 14 audiences foraines aux côtés des autorités de la justice militaire et civile afin de traduire en justice les auteurs de violations graves des droits de l’homme.

Aussi, en réponse à l’augmentation des violations de liées à la restriction de l’espace démocratique, le BCNUDH a redéployé ses ressources militaires, policières  ainsi que des officiers des droits de l'homme vers les provinces de l'ouest du pays, où la majorité des violations des droits de l'homme civiles et politique ont eu lieu, à savoir Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Kisangani et les provinces de Kasai et Kalemie.

(Extrait sonore Jose Maria Aranaz, Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme et Représentant du Haut-commissaire aux droits de l'homme en RDC; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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23/10/2017
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