Nigéria : l'ONU souligne la nécessité de protéger les civils après l'attaque d’un camp de déplacés

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Un hélicoptère servant d'ambulance avant son décollage pour Rann, au Nigéria, où une attaque a fait des dizaines de tués et de blessés dans un camp de déplacés. Photo OCHA Nigéria/Peter Lundberg

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont exprimé leur choc et leur préoccupation suite à l’attaque meurtrière sur le camp pour personnes déplacées de Rann, dans le nord-est du Nigéria.

Selon des premières informations en provenance de Rann, situé dans la région de Kala Balge, dans l’Etat de Borno, plus de 50 personnes ont été tuées, dont six travailleurs humanitaires, lorsque l’attaque s’est produite mardi matin lors d’une distribution de nourriture dans le camp. Etabli en mars 2016, le site de Rann accueille 43.000 personnes qui ont fui leurs domiciles au cours des deux dernières années pour échapper à l’insurrection.

« Cet événement est vraiment catastrophique », a déploré mercredi le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, dans un communiqué.

Une grande partie des 1,7 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays ainsi que les agences humanitaires sont toujours confrontées à des problèmes de sécurité en raison de la poursuite des affrontements entre les forces de sécurité gouvernementales et les insurgés dans le nord-est du Nigéria. L’accès humanitaire à Rann est difficile en raison de l’insécurité et du mauvais état des routes.

Le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Manuel Fontaine, a exprimé la solidarité du Fonds envers les travailleurs humanitaires opérant dans des conditions dangereuses. « Les travailleurs humanitaires qui ont perdu leur vie œuvraient à sauver d’autres personnes », a-t-il rappelé mardi dans un communiqué de presse. « Ces décès, dans une région reculée du nord-est du Nigéria, où des conflits prolongés ont causé des souffrances extrêmes et déclenché une grave crise de malnutrition, soulignent l’importance de protéger les civils dans les situations humanitaires complexes », a ajouté M. Fontaine.

Le gouvernement nigérian a déclaré que le bombardement du camp était un accident et a ouvert une enquête. « Une comptabilité complète doit avoir lieu afin que les causes soient connues et que des mesures puissent être mises en place pour s’assurer que cela ne se reproduise jamais », a déclaré le Haut-Commissaire. M. Fontaine, s’est fait l’écho des propos du chef du HCR, saluant la décision du gouvernement nigérian d’enquêter sur les circonstances qui ont permis cet « incident choquant ».

Lors d’une visite le mois dernier au Nigéria et dans d’autres pays du bassin du lac Tchad accueillant des réfugiés nigérians, le Haut-Commissaire a promis la poursuite de l’aide du HCR. M. Fontaine, pour sa part, a réaffirmé la détermination de l’UNICEF à fournir une assistance à plus de quatre millions d’enfants et à leurs familles dans la région.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du HCR; propos recueillis par Jérôme Longué)

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23/10/2017
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