Le FIDA appelle à mobiliser 265 milliards de dollars par an pour combattre la faim et la pauvreté

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Le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Kanayo F. Nwanze, à l'ouverture d'une conférence à Rome sur le financement du développement rural. Photo : FIDA

Le monde doit prendre des mesures urgentes pour mobiliser les 265 milliards de dollars par an nécessaires pour mettre fin à la pauvreté et à la faim d’ici 2030, a déclaré le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Kanayo F. Nwanze, à l’ouverture d’une conférence consacrée à la recherche de moyens novateurs pour financer le développement rural.

« Nous devons être plus créatifs dans la manière dont nous utilisons les ressources publiques et dans la façon dont nous mobilisons le financement », a déclaré M. Nwanze lors de cette conférence organisée à Rome. Il a ajouté qu’il fallait faciliter les investissements par le secteur privé et les philanthropes dans les zones rurales, où les taux de faim et de pauvreté sont les plus élevés.

Le Ministre italien de l’économie et des finances, Pier Carlo Padoan, a souligné pour sa part combien il était important d’assurer à toutes les régions rurales un accès aux services financiers afin qu’elles puissent investir dans leur propre développement.

La conférence est co-organisée par le FIDA, le gouvernement italien, la Brookings Institution et l’Université de Warwick, et se poursuivra jusqu’au 27 janvier.

Les participants à la conférence ont convenu que les efforts ne devaient pas venir que des gouvernements. En 2015, l’aide publique au développement (APD) a été d’environ 192 milliards de dollars et seulement 9 milliards de dollars étaient destinés à l’agriculture.

La conférence intervient à un moment de changements politiques et de crises humanitaires qui ont un impact sur les priorités mondiales et détournent potentiellement l’argent destiné au développement.

« Le besoin est urgent », a dit M. Nwanze. « Malgré des dizaines d’années d’engagements et d’efforts considérables pour mettre fin à la pauvreté et à la faim, près de 800 millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent toujours de la faim et un nombre presque équivalent vit dans l’extrême pauvreté ».

La majorité de ces personnes pauvres et affamées vivent dans les zones rurales des pays en développement. Les investissements doivent être ciblés pour transformer les zones rurales en espaces dynamiques offrant à tout le monde la possibilité d’avoir des emplois décents et de mener une vie digne, exempte de la pauvreté et de la faim.

Le chef du FIDA a souligné que les besoins de financements pour le développement étaient énormes, mais qu’il en allait de même pour les opportunités. « L’agroalimentaire est déjà un secteur de 5.000 milliards de dollars, et il est en croissance », a-t-il dit. « C’est très prometteur pour le secteur privé et pour les producteurs des pays en développement”.

Un sentiment partagé par Adolfo Brizzi, Directeur de la Division du conseil politique et technique du FIDA, qui a souligné qu'une partie du secteur privé comprenait que le secteur de la petite agriculture familiale pouvait devenir un marché. « Il y a un certain nombre d'investisseurs qui ne cherchent pas nécessairement un profit ; ils sont prets a attendre, ils sont prêts à accepter, un retour à leur investissement moindre parce que l'agenda de developpement est aussi important à leurs yeux » a-t-il dit.

(Interview : Adolfo Brizzi, Directeur de la Division du conseil politique et technique du FIDA. Propos recueillis par Isabelle Dupuis. )

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15/12/2017
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